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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 06:09

« La création est un reflet, un hymne secret à la divine beauté »

 

La Bible fait référence en certains passages à ce que l’on a appelé une connaissance naturelle de Dieu, c'est-à-dire la connaissance que l’on peut avoir de lui à travers la beauté de la création.

Sagesse 13, 3-5 : parle des hommes qui charmés par la beauté des créatures les ont prises pour des dieux : « Si, charmés par leur beauté, ils les ont prises pour des dieux, qu’ils sachent que leur Maître est supérieur, car c’est la source même de la beauté qui les a créées. (…) Qu’ils en déduisent combien est plus puissant Celui qui les a formés, car la grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur auteur. » La grandeur et la beauté de la création nous font remonter à la grandeur et à la beauté de Dieu.

 Romains 1, 20 : « Ce qu’il y a d’invisible depuis la création du monde, l’éternelle puissance et la divinité de Dieu, se laisse voir à l’intelligence à travers ses œuvres »

 Psaume 19, 2-3 : « Les cieux proclament la gloire de Dieu, et le firmament raconte l’ouvrage de ses mains ; le jour au jour en publie le récit et la nuit à la nuit en donne connaissance. Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s’entende ; mais sur toute la terre en paraît le message et la nouvelle aux limites du monde. » La création est comme un livre ouvert qui proclame la gloire de Dieu.

 Ecclésiastique 39, 15-16. 33-34 : « Bénissez le Seigneur pour toutes ses œuvres. Magnifiez son nom, publiez ses louanges, par vos chants, sur vos cithares, et vous direz à sa louange : Quelles sont magnifiques toutes les œuvres du Seigneur ! (…) Les œuvres du Seigneur sont toutes bonnes - belles, il donne sa faveur à qui en a besoin, à l’heure propice. Il ne faut pas dire : "Ceci est moins bon que cela !" car tout en son temps sera reconnu bon - beau. »

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 12:45
Conférence :La Nutrition & Micro Nutrition du sportif Quels types d’efforts & nutrition faut-il apporter avec l’âge ?

Le sportif, amateur ou professionnel, doit établir une base d'entraînement solide en endurance et résistance durant l'année afin d'avoir une meilleure condition physique. Le travail physique sous divers effort d’intensité utilise selon les filières énergétiques de l'oxygène, du glycogène, du glucose sanguin, des triglycérides musculaires et des acides gras libres provenant du tissu adipeux pour fournir de l'ATP (adénosine triphosphate) nécessaire à la performance. L'effort en endurance augmente le volume sanguin, améliore la capacité du cœur à pomper le sang et développe un réseau de capillaires plus fourni dans les muscles entraînés. Ces adaptations

cardio-vasculaires permettent une meilleure oxygénation des muscles, augmentant leur capacité à supporter des efforts de longue durée. Les bénéfices sur la santé sont considérables. Dans les sports d'endurance, le succès dépend d'une multitude de facteurs génétiques et physiologiques qu'il est possible de contrôler par une consommation adéquate d'eau, un apport nutritionnel optimum et une supplémentation appropriée.

Aujourd’hui la micro nutrition est une discipline récente, dont le principe consiste à identifier et satisfaire les besoins nutritionnels de l’individu, non pas en comparant le contenu de l’assiette aux recommandations chiffrées des experts institutionnels, mais dans une approche physiologique personnalisée. Toute déficience de micronutriment aura pour conséquences des troubles physiologiques délétères. Les degrés de ces déséquilibres sont proportionnels aux répercussions fonctionnelles ou cliniques.

La mise en œuvre d’une optimisation micro-nutritionnelle va s’accompagner d’un parfait déroulement de tous les processus physiologiques qui participent à la réalisation des performances. C’est par cette stratégie saine et efficace que les professionnels ou amateurs sportifs trouveront un soutien important afin d’accomplir de meilleurs performances, une meilleure récupération tout en optimisant leur santé.

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 07:41
Sucheta Das  -  Brynn Bayman

Sucheta Das - Brynn Bayman

Le poème « Deus omnium » est le quatrième de la deuxième partie de ce petit recueil : écrit en vers libres (comme d’ailleurs tous les poèmes qui y figurent), il n’a rien à voir avec le romantisme, le sentimentalisme ou la mièvrerie badine auxquels on assimile souvent la poésie. Nous nous trouvons ici dans une forme de poésie qui, si elle est intimiste, n’en est pas moins exactement métaphysique.
En moins d’une vingtaine de lignes, c’est une sorte d’expérience intérieure d’une rare densité qui est exprimée et qui, si elle devait faire l’objet d’explications et de commentaires requerrait plusieurs épais volumes : la vérité de l’homme y est mise en lumière, tandis que dans l’ombre se devine la vérité de Dieu.
Théologie apophatique faite poème !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

 

 

DEUS OMNIUM

Dans le coeur de l’homme, j’ai vu la fange et la corruption,
Et mon espoir en l’homme a pleuré, mais n’a pas fléchi :
La vie bourdonne au sein de la pourriture, une eau vierge dort dans la fange !
- Dans le coeur de l’homme, j’ai vu aussi la poussière,
Poussière de vice et de vertu, résidu neutre et stérile du bien et du mal…
Alors, j’ai tremblé pour l’homme,
L’image de l’homme a brouillé mon coeur comme une nausée.
- Attitudes, mensonges émoussés, sang tourné en salive, échanges solennels de fausse monnaie, prudence creuse en quête d’un ordre éteint – cette cendre s’amoncelle et monte, elle comble l’urne humaine ;
Là, aucune vie ne peut trouver sa pâture – pas même la mouche de l’ordure, pas même le ver du remords.
- Je ne crains pas la fange, je crains la poussière !
Allons ! La nausée n’est pas un verdict intégral. L’homme est injuste et fermé, traître au Oui suprême, idolâtre par omission, qui n’a pas surmonté son plus quotidien, son plus réfractaire hoquet.
La poussière aussi t’appartient, Seigneur, la poussière aussi chantera ta gloire !
Ton amour a des secrets qui fécondent même les entrailles absentes de la vanité !
- Un coup de balai de ta justice qui bouleverse l’ordre mort des poudreux atomes,
Puis un rayon de ta pitié sur la vitre humaine,
Et la poussière transfigurée dansera dans ton soleil ! G. Thibon

 

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 08:08
De la bouillie tiède vers la liberté

Dans son ouvrage "Quand les dieux sont en guerre" l'ethnopsychiatre Tobie Nathan " nous demontre la metamorphose de la résurrection sans oser prononcer le mot. Il évoque la transformation de la chenille en papillon.

 

"J’ai à l’esprit la métamorphose des invertébrés, des papillons par exemple qui, dans la sombre moiteur de leur cocon de soie, subissent une totale dilution de leurs organes, leur corps devenant bouillie tiède, soupe moléculaire, d’où émergeront les nouvelles structures. Le papillon n’est pas une chenille avec des ailes ; la métamorphose qu’il a traversée n’a pas fait changer que sa forme, mais aussi sa nature. Elle l’a adapté de plus à un milieu qu’il ignorait ; pour la pratique duquel aucune des expériences de son passé ne peut lui être d’une quelconque utilité. […] La chenille a quitté son milieu de reptile des feuilles pour conquérir les airs… (pp. 38-39)" Tobie Nathan

 

A l'heure de la médecine transhumanisme n'est-il pas important plutôt d'intégrer ce que le Christ a proposé ? le miracle de la bouillie moléculaire dans laquelle Christ nous fait passer à cette état de papillon ivre de liberté.

Bruno Lacroix

 

 

"Jai préféré une fois pour toutes la légèreté du papillon au sérieux de la taupe ou du boeuf de labour" Gustave Thibon

 

 

 

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 07:42
Elixir de Jouvence : la foi contre la raison

L’homme, fort de sa raison, de sa dite intelligence, de sa compréhension de tout ce qui l’entoure est à même de trouver la solution dans divers domaines. Ainsi, fort de sa science, et de ce fameux « deux fois deux quatre » ,il vous propose son elixir de jouvence.

 

Je suis comme beaucoup un chercheur de ce «deux fois deux quatre » . Mais j’ai goûté aussi à ce "deux fois deux cinq » qui est pour moi la véritable source de jouvence.

 

Qui de mieux que Dostoïevsky peut exprimer cela : "Deux fois deux quatre, messieurs, ce n’est déjà plus la vie, c’est la mort. En tout cas, l’homme a toujours craint ce «Deux fois deux quatre», et moi, j’en ai encore peur jusqu’aujourd’hui. Il est vrai que l’homme n’est préoccupé que de rechercher ce deux fois deux quatre; il traverserait des océans, il risquerait sa vie pour le découvrir, mais pour ce qui est de le trouver, de le découvrir réellement, je vous jure qu’il en a peur. Mais deux fois deux quatre, c’est, à mon avis, une simple impudence. Deux fois deux quatre nous dévisage insolemment ; les poings sur les hanches il se plante en travers de notre route et nous crache au visage. J’admets que deux fois deux quatre est une chose excellente, mais s’il faut tout louer, je vous dirai que "Deux fois deux cinq" est aussi une chose charmante".

 

L’homme de science utilise le « deux fois deux quatre », ce qui n’est pas un mal en soi si on ne se prosterne pas devant lui. Mais j’estime pour ma part que l’élixir de jouvence n’est que dans le « deux fois deux cinq" du Christ, et c’est seulement devant celui qui a dit : « Je suis la Vie, la Vérité et le Chemin » que je me prosterne. Rien avoir ici avec la religion, le christianisme n'est qu'une bouteille vide que chaque époque a rempli de n'importe quoi. Le Christ, c'est l'élixir même de la Vie avec un grand V.  Il est venu construire le nouvel Adam. Mais pour vivre éternellement, il est nécessaire de mourir physiquement et aussi à toutes ses certitudes, à son égo et à son "deux fois deux quatre". Et ce, dans tous les domaines, même religieux.

 

Chestov reprends cela dans son ouvrage sur la balance de Job : "Qui veut acquérir une influence « historique » doit renoncer à la liberté et se soumettre à la nécessité. Aussi l’Esprit Malin, le grand tentateur, dit-il au Christ : Si tu veux avoir « tout », posséder le monde, adore-moi ! Celui qui refuse de se prosterner devant le «deux fois deux quatre» ne pourra devenir le maître du monde".

L'ambiguité et le tiraillement , c'est l'écart facial entre "deux fois deux quatre" et "deux fois deux cinq", entre la raison et  la foi, entre Athènes et Jérusalem. Par contre, si j'ai parfois l'impression de marcher dans la boue, je sais que j'ai toujours la tête dans les étoiles.

 

 Bruno Lacroix

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 16:52
Rendez-moi ma jeunesse !

20 ans dejà de conférence dans la médecine fonctionnelle et je fais de moins en moins de congrès dans la médecine anti-âge. Why ?


Rendez-moi ma jeunesse disent-ils dans toutes ces conférences!

Belle supercherie, on prends les études scientifiques qui vont dans votre sens sans montrer celles qui n'y vont pas. Mon prochain challenge, montrer comment on peut ralentir le processus biologique avec ce qui tient vraiment la route- Certainement, pas vivre plus longtemps mais de ne pas mourir avant son heure. Optimisez sa physiologie sans doper son système (accèlerement des processus du vieillissement), il le font souvent en pensant bien faire (lecture partielle des études)

De plus, pourquoi tant de personnes sont en mauvaise santé ?parcequ'il existe une pléthrore de fonctionnaire de la santé assujetti à tous ces dogmes de l'industrie agro-alimentaire et pharmaceutique. N' oublions pas qu'un bon thérapeute doit être un scientifique mais aussi un artiste bienfaisant.

 

Apporter une vision spirituelle, processus important dans l'intégration de l'homme car les conquêtes du savant froidement calculées, restent misérablement humaines dans leurs excès : c'est de la démesure mesurées. Comment guérir de la démesure de la mode dans tous les domaines La mode passe si vite qu'on s'essouffle en vain à la suivre. J'ai fais partie de ces hommes qui s'asphixie à courir et à prendre de l'avance, c'est pourquoi j'ai préféré prendre de l'altitude. C'est l'homme éternel qu'il faut retrouver et émouvoir dans l'homme moderne. Bruno Lacroix

http://lacroix-bruno.wix.com/feel-good

 

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 16:54
Le sport

La résonance mondiale des Jeux Olympiques (gros titres dans les journaux, émissions télévisées, etc.) montre l’importance démesurée qu’ont prise les spectacles sportifs dans la mentalité contemporaine. La littérature, la science et jusqu’à la politique pâtissent devant les exploits des «dieux du stade».

Je ne méconnais pas la valeur humaine du sport. Sa pratique exige de solides vertus de l’esprit : maîtrise de soi, rigueur, discipline, loyauté. La, compétition sportive est une école de vérité : la toise, le chronomètre, le poids du disque ou de l’haltère éliminent d’avance toute possibilité de fraude et toute solution de facilité. Aussi, une faible marge de contingence mise à part (indisposition passagère ou influence du climat), la victoire y va-t-elle infailliblement au meilleur, ce qui est loin d’être le cas dans les autres compétitions sociales, par exemple dans la bataille électorale ou dans la course à l’argent et aux honneurs. Un homme politique peut faire illusion sur ses mérites ; un sportif est immédiatement sanctionné par les résultats de son effort. Ici, le vrai et le vérifiable ne font qu’un…

Cela dit, je vois dans cet engouement exagéré pour le sport le signe d’une dangereuse régression vers le matérialisme — et un matérialisme rêvé plutôt que vécu.

Expliquons-nous.
J’ai parlé des vertus sportives. Mais l’unique but de ces vertus est d’exceller dans un domaine qui non seulement nous est commun avec les animaux, mais où les animaux nous sont infiniment supérieurs. S’agit-il de la course à pied ? Que représente le record des deux cents mètres abaissé d’un quart de seconde en comparaison des performances quotidiennes d’un lièvre ou d’une gazelle ? Du saut en longueur ou en hauteur ? Regardez donc l’agilité de l’écureuil qui voltige de branche en branche. Du lancement du disque ou de l’haltérophilie ? Quel champion égalera jamais l’exploit de l’aigle qui «arrache» et enlève dans le ciel une proie deux fois plus lourde que lui ? Par quelle étrange aberration restons-nous si souvent indifférents aux exemples des sages et aux œuvres des génies, alors que nous nous extasions devant des prouesses qui n’imitent que de très loin celles de nos « frères inférieurs » ?

Je disais que le sport exclut la fraude. Ce n’est plus tout à fait vrai. La fièvre malsaine du record dicte souvent l’emploi d’artifices malhonnêtes. Est-il besoin d’évoquer les scandales du « doping » ? Et nous avons appris la disqualification de deux championnes olympiques à qui, pour augmenter le tonus musculaire, on avait injecté des hormones mâles. Tout cela procède d’une barbarie technologique qui sacrifie les deux fins normales du sport (la santé du corps et la beauté des gestes) à l’obsession de la performance.

Mais il y a pire. C’est précisément à une époque où les hommes, esclaves des facilités dues à la technique, n’avaient jamais tant souffert du manque d’exercice physique qu’on voit se développer cet enthousiasme délirant pour les manifestations sportives. Des gens qui ont perdu le goût et presque la faculté de marcher ou qu’une panne d’ascenseur suffit à mettre de mauvaise humeur, se pâment devant l’exploit d’un coureur à pied. Des gamins qui ne circulent qu’en pétrolette font leur idole d’un champion cycliste. Il faut voir là un phénomène de transposition un peu analogue à celui qu’on observe dans l’érotisme : les fanatiques du sport-spectacle cherchent dans les images et les récits du sport-exercice une compensation illusoire à leur impuissance effective. C’est la solution de facilité dans toute sa platitude. Admirer l’exception dispense de suivre la règle ; on rêve de performances magiques et de records pulvérisés sans bouger le petit doigt ; l’effervescence cérébrale compense la paresse musculaire.

Le sport est une religion qui a trop de croyants et pas assez de pratiquants. Remettons-le à sa place, c’est à dire donnons-lui un peu moins d’importance dans notre imagination et un peu plus de réalité dans notre vie quotidienne.

Gustave Thibon, in « L’équilibre et l’harmonie » (Fayard – 1976)

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 12:09
Dévitalisation

Les chercheurs de vérité passent aujourd'hui pour des inadaptés, rêveurs irréalistes, idéalistes attardés et inoffensifs. Une introspection du monde dans lequel nous vivons, sans faire la politique de l'autruche en cherchant ne serait-ce qu'un zeste de vérité, nous amènera à constater que cette société est de plus en plus inhumaine. Si cette époque, hostile ou seulement indifférente aux valeurs humaines et spirituelles, est fondamentalement malade et anormale, on peut dire que tout individu adapté à ce temps est frappé de la même pathologie et de la même anormalité. Les Écritures saintes ne disent-elles pas : « Que nul ne s'abuse lui-même : si quelqu'un parmi vous pense être sage selon ce siècle, qu'il devienne fou, afin de devenir sage », Corinthiens 1.3-18.

Bruno Lacroix

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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 14:31
La route sûre et unique est-elle une aliénation ?

Vie d'autrefois avec ses violences, ses cruautés, ses excès dans tous les sens, mais aussi sa fragilité, ses incertitudes, ses revers brutaux : ses grands coups· de vent de la maladie

et de la mortalité qui pouvaient à tout instant et sans transi­tion précipiter l'homme dans son néant et devant Dieu. Les hasards de la guerre et de la faim, les épidémies faisaient

passer chaque jour une infinité d'individus de l'état de vitalité triomphante à celui de suppliant ou de cadavre : « Madame se meurt, Madame est morte ... »

Ces temps sont révolus. Les progrès de l'économie et de la médecine ont diminué les risques cosmiques, l'épuisement des instincts et l'égalitarisme des lois a amorti les grandes explosions de l'orgueil et du péché -et, à la vieille faune humaine, si riche par sa diversité et ses contrastes, s'est sub­stitué un troupeau dont les animaux se ressemblent de plus en plus et cheminent sur une même voie, avec de minuscules et prudents écarts. Les grands risques ont disparu avec les grands défis -et l'humanité s'avance sur cette route tou­jours plus sûre et plus confortable dont on a bouché les fondrières, relevé les tournants, adouci les pentes et que bordent, à intervalles réguliers, des plaques indicatrices et des refuges.

Où sont les âpres sentiers d'autrefois où l'on pouvait tom­ber et s'égarer, mais où le mystère et l'imprévu distillaient toutes leurs magies ? Si Madame a trente ans et se porte bien, il est hautement probable qu'à moins d'un accident d'automobile (c'est aussi un signe des temps que cette mé­canisation du risque !) nous la retrouverons, dans un an ou dans cinq ans, aussi solidement installée dans l'existence.

Le voyage est devenu si facile, si exempt d'embûches qu'il équivaut presque à l'immobilité et que l'homme, bercé par ce mouvement trop uniforme, finit par oublier sa condition même de voyageur. La vie est un songe, disait-on jadis.

Mais on a construit tant de garde-fous au bord des abîmes côtoyés par les somnambules que ceux-ci courent de moins en moins, avec le risque de tomber dans l'inconnu, la chance

d'être réveillés de leur rêve. Protégés contre la griffe inexo­rable du Dieu-destin, nous échappons du même coup à la miséricorde du Dieu sauveur. La Fatalité vaincue entraîne la Providence dans sa ruine : c'est l'homme qui, désormais, compte et entretient tous les cheveux de sa tête. La route est sûre et unie, qui va de Jérusalem à Jéricho; il n'y a plus de brigands embusqués sur ses bords, mais la pitié miracu­leuse du bon Samaritain n'aura bientôt plus d'emploi... Gustave Thibon

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 08:27

 

  1. Je me réjouissais tout à l’heure de voir l’homme assez dépouillé de lui-même pour n’avoir plus de recours qu’en Dieu. Mais je me demande à d’autres instants s’il lui reste assez de substance humaine pour que le divin puisse s’y greffer. Le viol généralisé des rythmes de la nature et de la vie, l’effacement progressif des différences et des hiérarchies, l’individu transformé en grain de sable et la société en désert ; la sagesse remplacée par l’instruction, la pensée par l’idéologie, l’information par la propagande, la gloire par la publicité, les mœurs par les modes, les principes par des recettes, les racines par des tuteurs ; l’oubli du passé stérilisant l’avenir ; la disparition de la pudeur et du sentiment du sacré ; la machine rejaillissant sur l’âme et la recréant à son image – tous ces phénomènes d’érosion spirituelle alliés à l’orgueil prométhéen de nos conquêtes matérielles ne risquent-ils pas de nous conduire jusqu’à ce degré d’épuisement dans les choses vitales et de suffisance dans l’artifice au-delà duquel la pitié de Dieu assiste, impuissante, aux déchéances de l’homme ?

  2. A mesure que nous avançons dans la vie, nos certitudes diminuent en nombre et en précision, mais elles croissent en profondeur, en intimité, en certitudes. Elles sont de plus en plus sûres et de moins en moins communicables.

  3. Maturité. On sait moins de choses, mais on en devine davantage. L’esprit se borne souvent à poser des questions, mais à un niveau infiniment plus profond que celui auquel il croyait jadis les résoudre. On passe de la fausse lumière de la connaissance artificielle au demi-jour de la connaissance intuitive.

  4. Redimere tempus. L’unique noblesse de l’homme, la seule voie de salut tiennent dans ce rachat du temps par la beauté, la prière et l’amour. Hors de là, nos désirs, nos passions, nos actes ne sont que « vanité et poursuite du vent », remous du temps que le temps dévore. Tout ce qui n’est pas de l’éternité retrouvée est du temps perdu.

Notre regard qui manque à la lumière
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