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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 07:42
Elixir de Jouvence : la foi contre la raison

L’homme, fort de sa raison, de sa dite intelligence, de sa compréhension de tout ce qui l’entoure est à même de trouver la solution dans divers domaines. Ainsi, fort de sa science, et de ce fameux « deux fois deux quatre » ,il vous propose son elixir de jouvence.

 

Je suis comme beaucoup un chercheur de ce «deux fois deux quatre » . Mais j’ai goûté aussi à ce "deux fois deux cinq » qui est pour moi la véritable source de jouvence.

 

Qui de mieux que Dostoïevsky peut exprimer cela : "Deux fois deux quatre, messieurs, ce n’est déjà plus la vie, c’est la mort. En tout cas, l’homme a toujours craint ce «Deux fois deux quatre», et moi, j’en ai encore peur jusqu’aujourd’hui. Il est vrai que l’homme n’est préoccupé que de rechercher ce deux fois deux quatre; il traverserait des océans, il risquerait sa vie pour le découvrir, mais pour ce qui est de le trouver, de le découvrir réellement, je vous jure qu’il en a peur. Mais deux fois deux quatre, c’est, à mon avis, une simple impudence. Deux fois deux quatre nous dévisage insolemment ; les poings sur les hanches il se plante en travers de notre route et nous crache au visage. J’admets que deux fois deux quatre est une chose excellente, mais s’il faut tout louer, je vous dirai que "Deux fois deux cinq" est aussi une chose charmante".

 

L’homme de science utilise le « deux fois deux quatre », ce qui n’est pas un mal en soi si on ne se prosterne pas devant lui. Mais j’estime pour ma part que l’élixir de jouvence n’est que dans le « deux fois deux cinq" du Christ, et c’est seulement devant celui qui a dit : « Je suis la Vie, la Vérité et le Chemin » que je me prosterne. Rien avoir ici avec la religion, le christianisme n'est qu'une bouteille vide que chaque époque a rempli de n'importe quoi. Le Christ, c'est l'élixir même de la Vie avec un grand V.  Il est venu construire le nouvel Adam. Mais pour vivre éternellement, il est nécessaire de mourir physiquement et aussi à toutes ses certitudes, à son égo et à son "deux fois deux quatre". Et ce, dans tous les domaines, même religieux.

 

Chestov reprends cela dans son ouvrage sur la balance de Job : "Qui veut acquérir une influence « historique » doit renoncer à la liberté et se soumettre à la nécessité. Aussi l’Esprit Malin, le grand tentateur, dit-il au Christ : Si tu veux avoir « tout », posséder le monde, adore-moi ! Celui qui refuse de se prosterner devant le «deux fois deux quatre» ne pourra devenir le maître du monde".

L'ambiguité et le tiraillement , c'est l'écart facial entre "deux fois deux quatre" et "deux fois deux cinq", entre la raison et  la foi, entre Athènes et Jérusalem. Par contre, si j'ai parfois l'impression de marcher dans la boue, je sais que j'ai toujours la tête dans les étoiles.

 

 Bruno Lacroix

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 16:52
Rendez-moi ma jeunesse !

20 ans dejà de conférence dans la médecine fonctionnelle et je fais de moins en moins de congrès dans la médecine anti-âge. Why ?


Rendez-moi ma jeunesse disent-ils dans toutes ces conférences!

Belle supercherie, on prends les études scientifiques qui vont dans votre sens sans montrer celles qui n'y vont pas. Mon prochain challenge, montrer comment on peut ralentir le processus biologique avec ce qui tient vraiment la route- Certainement, pas vivre plus longtemps mais de ne pas mourir avant son heure. Optimisez sa physiologie sans doper son système (accèlerement des processus du vieillissement), il le font souvent en pensant bien faire (lecture partielle des études)

De plus, pourquoi tant de personnes sont en mauvaise santé ?parcequ'il existe une pléthrore de fonctionnaire de la santé assujetti à tous ces dogmes de l'industrie agro-alimentaire et pharmaceutique. N' oublions pas qu'un bon thérapeute doit être un scientifique mais aussi un artiste bienfaisant.

 

Apporter une vision spirituelle, processus important dans l'intégration de l'homme car les conquêtes du savant froidement calculées, restent misérablement humaines dans leurs excès : c'est de la démesure mesurées. Comment guérir de la démesure de la mode dans tous les domaines La mode passe si vite qu'on s'essouffle en vain à la suivre. J'ai fais partie de ces hommes qui s'asphixie à courir et à prendre de l'avance, c'est pourquoi j'ai préféré prendre de l'altitude. C'est l'homme éternel qu'il faut retrouver et émouvoir dans l'homme moderne. Bruno Lacroix

http://lacroix-bruno.wix.com/feel-good

 

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 16:54
Le sport

La résonance mondiale des Jeux Olympiques (gros titres dans les journaux, émissions télévisées, etc.) montre l’importance démesurée qu’ont prise les spectacles sportifs dans la mentalité contemporaine. La littérature, la science et jusqu’à la politique pâtissent devant les exploits des «dieux du stade».

Je ne méconnais pas la valeur humaine du sport. Sa pratique exige de solides vertus de l’esprit : maîtrise de soi, rigueur, discipline, loyauté. La, compétition sportive est une école de vérité : la toise, le chronomètre, le poids du disque ou de l’haltère éliminent d’avance toute possibilité de fraude et toute solution de facilité. Aussi, une faible marge de contingence mise à part (indisposition passagère ou influence du climat), la victoire y va-t-elle infailliblement au meilleur, ce qui est loin d’être le cas dans les autres compétitions sociales, par exemple dans la bataille électorale ou dans la course à l’argent et aux honneurs. Un homme politique peut faire illusion sur ses mérites ; un sportif est immédiatement sanctionné par les résultats de son effort. Ici, le vrai et le vérifiable ne font qu’un…

Cela dit, je vois dans cet engouement exagéré pour le sport le signe d’une dangereuse régression vers le matérialisme — et un matérialisme rêvé plutôt que vécu.

Expliquons-nous.
J’ai parlé des vertus sportives. Mais l’unique but de ces vertus est d’exceller dans un domaine qui non seulement nous est commun avec les animaux, mais où les animaux nous sont infiniment supérieurs. S’agit-il de la course à pied ? Que représente le record des deux cents mètres abaissé d’un quart de seconde en comparaison des performances quotidiennes d’un lièvre ou d’une gazelle ? Du saut en longueur ou en hauteur ? Regardez donc l’agilité de l’écureuil qui voltige de branche en branche. Du lancement du disque ou de l’haltérophilie ? Quel champion égalera jamais l’exploit de l’aigle qui «arrache» et enlève dans le ciel une proie deux fois plus lourde que lui ? Par quelle étrange aberration restons-nous si souvent indifférents aux exemples des sages et aux œuvres des génies, alors que nous nous extasions devant des prouesses qui n’imitent que de très loin celles de nos « frères inférieurs » ?

Je disais que le sport exclut la fraude. Ce n’est plus tout à fait vrai. La fièvre malsaine du record dicte souvent l’emploi d’artifices malhonnêtes. Est-il besoin d’évoquer les scandales du « doping » ? Et nous avons appris la disqualification de deux championnes olympiques à qui, pour augmenter le tonus musculaire, on avait injecté des hormones mâles. Tout cela procède d’une barbarie technologique qui sacrifie les deux fins normales du sport (la santé du corps et la beauté des gestes) à l’obsession de la performance.

Mais il y a pire. C’est précisément à une époque où les hommes, esclaves des facilités dues à la technique, n’avaient jamais tant souffert du manque d’exercice physique qu’on voit se développer cet enthousiasme délirant pour les manifestations sportives. Des gens qui ont perdu le goût et presque la faculté de marcher ou qu’une panne d’ascenseur suffit à mettre de mauvaise humeur, se pâment devant l’exploit d’un coureur à pied. Des gamins qui ne circulent qu’en pétrolette font leur idole d’un champion cycliste. Il faut voir là un phénomène de transposition un peu analogue à celui qu’on observe dans l’érotisme : les fanatiques du sport-spectacle cherchent dans les images et les récits du sport-exercice une compensation illusoire à leur impuissance effective. C’est la solution de facilité dans toute sa platitude. Admirer l’exception dispense de suivre la règle ; on rêve de performances magiques et de records pulvérisés sans bouger le petit doigt ; l’effervescence cérébrale compense la paresse musculaire.

Le sport est une religion qui a trop de croyants et pas assez de pratiquants. Remettons-le à sa place, c’est à dire donnons-lui un peu moins d’importance dans notre imagination et un peu plus de réalité dans notre vie quotidienne.

Gustave Thibon, in « L’équilibre et l’harmonie » (Fayard – 1976)

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 12:09
Dévitalisation

Les chercheurs de vérité passent aujourd'hui pour des inadaptés, rêveurs irréalistes, idéalistes attardés et inoffensifs. Une introspection du monde dans lequel nous vivons, sans faire la politique de l'autruche en cherchant ne serait-ce qu'un zeste de vérité, nous amènera à constater que cette société est de plus en plus inhumaine. Si cette époque, hostile ou seulement indifférente aux valeurs humaines et spirituelles, est fondamentalement malade et anormale, on peut dire que tout individu adapté à ce temps est frappé de la même pathologie et de la même anormalité. Les Écritures saintes ne disent-elles pas : « Que nul ne s'abuse lui-même : si quelqu'un parmi vous pense être sage selon ce siècle, qu'il devienne fou, afin de devenir sage », Corinthiens 1.3-18.

Bruno Lacroix

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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 14:31
La route sûre et unique est-elle une aliénation ?

Vie d'autrefois avec ses violences, ses cruautés, ses excès dans tous les sens, mais aussi sa fragilité, ses incertitudes, ses revers brutaux : ses grands coups· de vent de la maladie

et de la mortalité qui pouvaient à tout instant et sans transi­tion précipiter l'homme dans son néant et devant Dieu. Les hasards de la guerre et de la faim, les épidémies faisaient

passer chaque jour une infinité d'individus de l'état de vitalité triomphante à celui de suppliant ou de cadavre : « Madame se meurt, Madame est morte ... »

Ces temps sont révolus. Les progrès de l'économie et de la médecine ont diminué les risques cosmiques, l'épuisement des instincts et l'égalitarisme des lois a amorti les grandes explosions de l'orgueil et du péché -et, à la vieille faune humaine, si riche par sa diversité et ses contrastes, s'est sub­stitué un troupeau dont les animaux se ressemblent de plus en plus et cheminent sur une même voie, avec de minuscules et prudents écarts. Les grands risques ont disparu avec les grands défis -et l'humanité s'avance sur cette route tou­jours plus sûre et plus confortable dont on a bouché les fondrières, relevé les tournants, adouci les pentes et que bordent, à intervalles réguliers, des plaques indicatrices et des refuges.

Où sont les âpres sentiers d'autrefois où l'on pouvait tom­ber et s'égarer, mais où le mystère et l'imprévu distillaient toutes leurs magies ? Si Madame a trente ans et se porte bien, il est hautement probable qu'à moins d'un accident d'automobile (c'est aussi un signe des temps que cette mé­canisation du risque !) nous la retrouverons, dans un an ou dans cinq ans, aussi solidement installée dans l'existence.

Le voyage est devenu si facile, si exempt d'embûches qu'il équivaut presque à l'immobilité et que l'homme, bercé par ce mouvement trop uniforme, finit par oublier sa condition même de voyageur. La vie est un songe, disait-on jadis.

Mais on a construit tant de garde-fous au bord des abîmes côtoyés par les somnambules que ceux-ci courent de moins en moins, avec le risque de tomber dans l'inconnu, la chance

d'être réveillés de leur rêve. Protégés contre la griffe inexo­rable du Dieu-destin, nous échappons du même coup à la miséricorde du Dieu sauveur. La Fatalité vaincue entraîne la Providence dans sa ruine : c'est l'homme qui, désormais, compte et entretient tous les cheveux de sa tête. La route est sûre et unie, qui va de Jérusalem à Jéricho; il n'y a plus de brigands embusqués sur ses bords, mais la pitié miracu­leuse du bon Samaritain n'aura bientôt plus d'emploi... Gustave Thibon

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 08:27

 

  1. Je me réjouissais tout à l’heure de voir l’homme assez dépouillé de lui-même pour n’avoir plus de recours qu’en Dieu. Mais je me demande à d’autres instants s’il lui reste assez de substance humaine pour que le divin puisse s’y greffer. Le viol généralisé des rythmes de la nature et de la vie, l’effacement progressif des différences et des hiérarchies, l’individu transformé en grain de sable et la société en désert ; la sagesse remplacée par l’instruction, la pensée par l’idéologie, l’information par la propagande, la gloire par la publicité, les mœurs par les modes, les principes par des recettes, les racines par des tuteurs ; l’oubli du passé stérilisant l’avenir ; la disparition de la pudeur et du sentiment du sacré ; la machine rejaillissant sur l’âme et la recréant à son image – tous ces phénomènes d’érosion spirituelle alliés à l’orgueil prométhéen de nos conquêtes matérielles ne risquent-ils pas de nous conduire jusqu’à ce degré d’épuisement dans les choses vitales et de suffisance dans l’artifice au-delà duquel la pitié de Dieu assiste, impuissante, aux déchéances de l’homme ?

  2. A mesure que nous avançons dans la vie, nos certitudes diminuent en nombre et en précision, mais elles croissent en profondeur, en intimité, en certitudes. Elles sont de plus en plus sûres et de moins en moins communicables.

  3. Maturité. On sait moins de choses, mais on en devine davantage. L’esprit se borne souvent à poser des questions, mais à un niveau infiniment plus profond que celui auquel il croyait jadis les résoudre. On passe de la fausse lumière de la connaissance artificielle au demi-jour de la connaissance intuitive.

  4. Redimere tempus. L’unique noblesse de l’homme, la seule voie de salut tiennent dans ce rachat du temps par la beauté, la prière et l’amour. Hors de là, nos désirs, nos passions, nos actes ne sont que « vanité et poursuite du vent », remous du temps que le temps dévore. Tout ce qui n’est pas de l’éternité retrouvée est du temps perdu.

Notre regard qui manque à la lumière
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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 08:50
Bonheur ou Profondeur

« Le poisson recherche les grandes profondeurs, l’homme cherche le bonheur » (proverbe russe). Mais il arrive aussi à l’homme de vouloir plonger dans les profondeurs bien qu’il reconnaisse qu’on n’y trouve pas le bonheur, qu’on y est mal, quelquefois même très mal.

Il est difficile d’expliquer pourquoi cela se passe ainsi. On qualifie ce besoin de trouble mental, de maladie psychique. En tout cas dès que l’homme remplace « bonheur » par « profondeur » ses semblables cessent de le comprendre et s’écartent de lui.

• Léon Chestov, Les grandes veilles, Préface, aphorisme I.

Un bon moment à passer"... C'est peut-être dans ces mots que l'on saisit le mieux l'angoisse de l'homme qui pressent une certaine vacuité du bonheur. Rester à la surface, employer sa vie à la parcourir en tous sens, pourchassant un bonheur insaisissable et éphémère : l'homme qui "cherche" est très vite saisi par la trivialité de l'entreprise. Alors, peut-être malgré lui, il amorce sa plongée dans les profondeurs froides et obscures du questionnement existentiel, là où "ses semblables, esprits encrassés de modernité, cessent de le comprendre"...

En perseverant, à la limite de l'asphyxie et en oubliant le chant des sirène à la surface de la raison il risque de trouver la perle- Bruno

"Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète la perle."

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Bruno Lacroix
5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 12:18
Conference sur la signalisation de la sérotonine : ce qu'il nous reste à découvrir"

" La sérotonine : ce qu'il nous reste à découvrir” Conférence

du 24 mai 2016 à Limelette

Bruno Lacroix

Le stress, ressenti au niveau du système nerveux entérique (SNE) agit directement sur la

muqueuse intestinale et provoque la sécrétion de sérotonine. La sérotonine est un

neurotransmetteur qui influence les « états d’âme ». Il est produit à 95 % par les cellules

nerveuses de l’intestin ! On trouve la sérotonine dans le cerveau, mais aussi dans tout notre

organisme. Avoir «la peur au ventre», «du cœur au ventre», «l’estomac noué», « avoir du

mal à digérer une expérience » nombre d’expressions traduisent le lien entre les émotions et

la partie centrale de notre corps.

Le système nerveux entérique s’apparente au cerveau et est en communication

permanente avec celui-ci, souffrant parfois des mêmes maux. C’est pour cela que l’on

nomme souvent l’intestin le deuxième cerveau.

La sérotonine est impliquée dans la régulation de fonctions telles que la thermorégulation,

le cycle veille-sommeil, la douleur, l’anxiété ou le contrôle moteur, les comportements

sexuels et alimentaires. Elle est aussi connue comme l’agent de la satiété, en diminuant

l’apport alimentaire. La sérotonine est « le neurotransmetteur de la sociabilité » et de la

bonne humeur.

Son dysfonctionnement engendre irritabilité, colère, violence, voire même, le suicide. En

effet, la sérotonine est la « xylocaïne » de l’esprit car elle atténue la douleur, elle est la

molécule du Zen.

Un des meilleurs moyens pour éviter les ravages du stress et d’aborder la vie avec sérénité

et d’avoir un taux de cérébrale de sérotonine optimum. Les rythmes circadiens, le climat, les

saisons, l’alimentation, le stress influencent positivement ou négativement la sérotonine

selon les circonstances.

Dans cette conférence, nous verrons la meilleure façon d'optimiser cette signalisation

sérotoninergique, ainsi que tous les obstacles ne permettant pas d’augmenter son taux de

sérotonine cérébrale et entérique et comment les contourner. Aborder la vie sans

sérotonine c'est de pratiquer le parachutisme sans parachute.

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 06:11

Une belle presentation de Chestov par Daniel Epstein

La philosophie spéculative ne peut prétendre à la vérité que demande avec rage Chestov. Pour lui la raison, eût-elle un magnifique pelage religieux (Augustin, Anselme, Thomas d'Aquin…), n'est pas tant un moyen de preuve qu'un animal de proie. À cet esprit prédateur Chestov oppose la vie. Et celle-ci est au sortir des eaux mêlées et douteuses des sommeils grec, ecclésial, kantien et hégélien dont il serait temps de s'extraire. L'homme a trop tardé sur la terre, devant soi : « L'homme doit se réveiller de son sommeil séculaire et se décider à penser dans les catégories dans lesquelles il vit. » C'est que, pour Chestov, il vivait et s'obstine toujours à vivre dans les catégories dans lesquelles il pense. Mais les Psaumes sont là pour venir au secours de Chestov. Comme le Livre de Job. C'en est étonnant : quand on les lit, on le lit. Ouvrons :

« Ma bouche énonce la sagesse,

et le murmure de mon cœur l'intelligence » (49).

Voilà une sagesse dont l'origine est une énigme. Et il y a une intelligence du cœur qui n'est pas l'intelligence de la raison : faut-il le rappeler ? Mais comme tout ce qui est trop connu, on en oublie la substance. Le cœur a ses raisons et la raison n'a pas de cœur. Aussi fait-elle de très bons curés, religieux ou laïcs en prime. Audi Israel. Écoute Israël. Non, ce n'est pas le tocsin. C'est le dogme. Pour Chestov, tout est là. Il faut sonner le tocsin. Pas l'ombre de démonstration. Pas l'ombre de preuve rationnelle. Qui a besoin de démonstration et de preuve pour exercer son écoute ? Et celle-ci doit-elle demander une autorisation à la raison, une sorte de passeport intérieur ? Tout le monde connaît l'histoire des deux portes : sur l'une il est écrit paradis et sur l'autre conférence sur le paradis. Il y a queue à cette dernière. Personne devant la première, ou peut-être bien Platon Karataïev, un homme total et vrai, et un autre Platon celui-là. Voilà où en est la situation intellectuelle et morale, baignée dans la claire raison des guerres et des massacres. Cette raison pour Chestov, ça sera toujours du propre et du malappris. C'est pourquoi à l'abri de ses regards de Méduse, il veut recentrer les problèmes de l'être sur l'homme de chair et de sang. L'être imprègne notre existence ; la connaissance scientifique est soumise à la contrainte et à l'objectivation ; seule la foi (Sola fide, Chestov fait appel à Luther) est connaissance non objectivée et liberté.

Christian Mouze

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 07:35

Russe sous-titré français
Sur l'importance de la simplicité et de l'humilité dans la prière.
D'après la nouvelle de Tolstoï intitulée "Les 3 vieillards".
Pour lire la nouvelle complète : http://www.biblisem.net/narratio/tols...

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