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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 18:57

La Bible s'adresse à vous, en personne

par Père Matta el-Maskîne

Monastère de Saint Macaire le Grand ©, en Egypte

Dès lors que vous lisez la Bible comme un message que Dieu vous adresse en personne, les mots cheminent jusqu'au plus profond de votre conscience et de votre sensibilité spirituelle. C'est alors que votre lecture se fait en toute lucidité spirituelle, avec un coeur ouvert et réceptif, disposé à obéir et à se réjouir. Ce sont de vivantes et visibles empreintes du doigt de Dieu qui se déplace, forme et dessine sa divine et efficace marque. En écho, la conscience qui était endormie est ranimée...

Les livres scientifiques, historiques ou littéraires en quête de vérité sont aisés à trouver. Ils explorent la réalité sous toutes ses formes, à l'intérieur ou à l'extérieur de l'homme; jettent la lumière sur toutes sortes de choses, autant sur des sujets concernant l'être humain que sur des idées générales. Écrits dans les limites de l'intellect, ils visent au bien-être physique, à accroître le savoir et à enrichir l'héritage intellectuel et culturel.

La Bible est différente, ce n'est pas ainsi qu'elle doit être abordée. La Bible est un message direct et personnel de Dieu à l'homme qui aspire au salut et à l'élévation de son esprit, afin de se préparer pour une vie meilleure, la vie éternelle. Dans ce message, Dieu se révèle à l'homme de manière très personnelle et intime. Il fait connaître son insurpassable Puissance pour fortifier le faible, son Amour absolu pour combler le coeur de l'homme, sa Sainteté pour revêtir notre nudité, son immense capacité à remettre, pardonner, laver, purifier afin que nous puissions débuter une vie nouvelle en tant qu'enfant de Dieu. Telle est l'espérance en laquelle l'homme repose sa conscience et tels sont les divins et efficaces attributs qui lui donnent la Vie. L'homme ne s'égarera plus comme il en avait l'habitude quand il employait son propre esprit et ses capacités en cherchant à l'aveuglette le salut.

L'alliance à laquelle Dieu nous appelle n'est pas illusoire et ne provient pas non plus de paroles de persuasion humaines. Elle est fondée sur le propre sang du Christ. C'est une alliance établie dans la parfaite munificence de Dieu et sa totale acceptation. Dieu offre ses propres Esprit, Sang et Soi par le biais de ses faveurs et de ses dons. Exalté au-dessus de lui-même, l'homme les reçoit, puis à son tour accède à des domaines qui dépassaient ses propres capacités. Tous les bienfaits du "Tout Puissant" sont de cette nature. Le plus stupéfiant concernant cette alliance avec Dieu, c'est que sa générosité ne se limite pas à ce que l'homme reçoit, car Dieu répand ses dons par l'Esprit sans limitation, ni mesure, en proportion avec l'extrême libéralité de sa nature. C'est pourquoi tout dépend de la capacité de l'homme à croire, dès lors à recevoir, puis à comprendre.

Ainsi, bien aimé lecteur, la Bible en sa nature est révélée et renouvelée pour vous. La sainte Bible que vous abordez n'est pas un livre de savoir ni de science mais elle est un message personnel de Dieu à vous, un héritage qui renferme les lois marquées du sceau de l'engagement de Dieu. Vous ne serez plus jamais un simple lecteur mais un réceptacle et un héritier. La Bible ne sera plus un livre à lire pour le savoir mais l'héritage d'un serment, la clé de la salle des trésors des faveurs et des dons divins. Le sceau de Dieu est apposé sur chacun d'eux; y est jointe l'image personnelle de Jésus- Christ, une reproduction vivante inscrite en votre coeur. Si vous croyez en Lui, vous recevrez et régnerez. Il vous donnera la Vie, tandis qu'Il vous transformera de plus en plus en une image insolite, vous déplaçant, vous poussant de l'avant et vous encourageant à sonder d'avantage les profondeurs de son alliance de justice, de sainteté et de vérité.

Tous ceux qui ont pénétré cette sphère, la terre du message divin dans la Sainte Bible, en viennent à connaître Dieu et acceptent de Lui une invitation perpétuelle à sa présence. Le trésor des dons de Dieu leur a été ouvert et c'est à la mesure de leur désir pour lui qu'ils recevront. Ils ont ainsi bénéficié de tous ses fruits. Doucement mais sûrement, Dieu vient vivre en eux sans qu'ils s'en rendent pleinement compte. Leur état est modifié, leur apparence change, leur esprit est ranimé et ils sont fortifiés dans leur fragilité. En conséquence, ils se lancent à prêcher ce qu'ils ont vu, entendu et goûté, réalisation après réalisation. La Parole se transmute au fond d'eux, d'un message en un trésor, puis en un témoignage et enfin en l'annonciation de la bonne nouvelle qu'est l'incommensurable Amour de Dieu. Les témoignages de ceux qui ont goûté le Seigneur et qui l'on réalisé dans la Bible se sont amassés depuis des siècles. Ils sont devenus une partie intégrante du message de la Bible lui-même. Nous en bénéficions avec certitude et nous sommes encouragés à pénétrer la même sphère, assurés du résultat avant même d'avoir commencé.

Les empreintes du doigt de Dieu dans votre coeur

Dès lors que vous lisez la Bible comme un message que Dieu vous adresse en personne, les mots cheminent jusqu'au plus profond de votre conscience et de votre sensibilité spirituelle. C'est alors que votre lecture se fait en toute lucidité spirituelle, avec un coeur ouvert et réceptif, disposé à obéir et à se réjouir. Ce sont de vivantes et visibles empreintes du doigt de Dieu qui se déplace, forme et dessine sa divine et efficace marque. En écho, la conscience qui était endormie est ranimée, les larmes ruissellent d'autant que la Parole rassure et console. Elle transforme l'âme au plus près de la volonté et du plaisir de Dieu. Elle fait grandir l'homme en gratitude alors qu'il avance vers Dieu à la lumière de sa Parole. Le Christ le tient par la main, le conduisant au travers des épreuves de cette vie, dans la noirceur de notre temps, jusqu'à ce qu'il atteigne le coeur de Dieu le Père.

L'opposition de deux méthodes

Une fois encore, nous sommes avertis qu'aborder la Parole de façon stérile et évidente conduit seulement à un examen, un questionnement et finalement au scepticisme. Un esprit contrit, par contre, qui l'aborde comme un vivant message, purifie, sanctifie et fortifie le coeur dans sa dévotion et sa foi. Les deux méthodes sont possibles, vous êtes libre de votre choix bien aimé lecteur. Si vous choisissez la première, vous terminerez enchevêtré dans la science de l'examen, de l'analyse et de la critique et en final dans les ténèbres du scepticisme. Par contre, si votre choix se porte sur la seconde, puisque dans le verdict vous concernant pèse le poids de la sainteté, vous serez justifié car vous êtes défendu par la réalisation des pères, des prophètes, des apôtres et des saints. Votre nouvelle vie en une foi éprouvée sera bâtie sur le témoignage de l'Esprit, au plus profond de votre conscience. Grâce à votre propre foi et à votre expérience vous pourrez répondre à tous les doutes et à toutes les approches qui se contentent de critiquer et d'analyser.

Si dès le début de sa vie l'homme s'adonne à la seconde méthode, son âme s'élance à l'approche de la Bible, affamée d'elle, jour après jour, elle la dévore pour y revenir encore plus affamée. Se désaltérant de l'eau vivifiante, sa soif de Dieu ne fait qu'augmenter, tandis que sa soif et sa faim du monde dépérissent. Autant, en son coeur, l'âme humaine aspire à son destin éternel, autant la lumière de la face de Dieu se reflète dans son sceau étincelant. Alors qu'elle éprouve n'être rien, les autres la voient resplendir, car l'âme ne voit rien d'elle même, si ce n'est sa fragilité transportée par l'Amour de Dieu. C'est alors que l'âme réceptive peut tenir tête à l'érudition, au scepticisme et à la violence de l'esprit. Éveillée et emplie d'amour, elle reçoit patiemment l'Amour authentique de Dieu et, comme on peut le lire dans la sainte Bible, sa condescendance pour l'homme. De cette façon, l'embarras de la méthode scientifique s'évanouit et il ne reste plus d'angoisse dans l'esprit et la conscience. Quand l'homme aborde la Bible, il le fait en Esprit et non pas à la lettre, avec l'expérience devant l'étude, la vision devant l'extériorisation et l'amour devant la confrontation.

***

Droits d'auteur et propriété intellectuelle:

Père Matta El-Maskine (1919-2006) fut le Père spirituel du monastère de Saint Macaire le Grand, à Wadi El-Natroun en Egypte.

© Ce texte a été traduit de l'anglais au français par spiritualite-orthodoxe.net. Tous les droits d'auteur de cette traduction en français, écrite et audio, sont réservés au monastère de Saint Macaire le Grand, en Egypte. Merci de ne pas la reproduire sauf pour un usage privé.

L'article a été publié initialement par la revue mensuelle Saint Marc du monastère, et reproduit en anglais sur le site coptichymns.net.

La Bible s'adresse à vous, en personne
La Bible s'adresse à vous, en personne
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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 18:00
Congrès de Naturopathie à Aix les bains (Mai 2014)
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 11:06

Reprenons la citation de Juvénal “Mens sana in corpore sano” .Bien que détournée de sa

philosophie première, elle s’applique néanmoins au mieux de l’actualité récente.

Ceci dénonce notre hygiène de vie, notre nourriture qui sont en inadéquation avec le mode devie de l’homme moderne. La malnutrition fait des ravages dans toutes les couches de la

société moderne.

Si l’on compare l’état actuel de la santé mondiale, des USA aux pays nantis européens, et

paradoxalement des pays sous développés ou en voie de développement et qui sont en carence nutritionnelle, on constate d’une part, une suralimentation ­ vide de micronutriments essentiels ­ polluée par tout l’environnement.

L’obésité, l’insulinorésistance, le syndrome métabolique et le diabète de type 2 et autres maladies chroniques modernes ont atteint des proportions épidémiques. Ces conditions communes ont les mêmes causes sous­jacentes et nécessitent donc le même traitement. Ils sont 100% évitables et, dans certains cas, totalement réversibles.

En un mot, la réponse est moderne, notre style de vie occidental. Les études montrent clairement que l’incidence de pathologies chroniques modernes est liée aux caractéristiques de notre style de vie qui incluent: les toxines alimentaires (blé principalement raffiné, le fructose et les huiles industrielles); les toxines environnementales (produits chimiques

comme le bisphénol A, pesticides, phtalates, retardateurs de flamme, et métaux lourds...);

les carences en micronutriments (particulièrement le magnésium et la vitamine D, le zinc, les oligoéléments...); le stress chronique (émotionnel, psychologique, physiologique); le

microbiote intestinal altéré (causé par l’utilisation d’antibiotiques, mauvaise alimentation...);

le mode de vie sédentaire. Nous verrons dans cette conférence la meilleure façon d’améliorer

toutes les signalisations physiologiques afin de prévenir/traiter les pathologies modernes mais

aussi d’optimiser le métabolisme pour une meilleure santé et longévité.

La science, nous démontre que cette nécessité n’est plus un luxe de nantis mais un besoin

vital pour notre survie et la survie de notre descendance, voire même de notre espèce. Les

mutations vers «l’Homo Superior» seront­elles possibles si l’on continue à détruire notre environnement dont la racine fondamentale est précisément la nourriture ?

Conference Nutrition à Limoges
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 08:11

Jean Chrysostome

• Dieu est le médecin

–Nous travaillons avec lui (des stagiaires)

–La bible est « le médicament de l’âme »

• La vie au bateau

–notre bateau est solidement assemble par les paroles de l’Ecriture

–le Christ, Soleil de justice, est l’étoile qui nous guide

–le souffle de l’Esprit, le vent qui nous pousse

•C’est par la vertu que nous tendre les voiles

•« Il faut donc, si nous voulons naviguer aisément et sans danger, tendre

les voiles, c’est-à-dire notre libre arbitre. »

Jean Chrysostome, In Epistola ad Hebr. 34, 3 (PG 63, 235 - 236)

« Il faut donc être attentif et vigilant; car il s'agit d'une affaire importante. Ce n'est pas pour del'or, de l'argent, des richesses périssables que nous naviguons, mais pour la vie future et les trésors du ciel; les voies différentes par lesquelles les hommes peuvent s'avancer dans la vie,sont plus nombreuses encore que sur terre ou sur mer; et quiconque ne saura pas se diriger sûrement fera un funeste naufrage. Vous tous qui voguez avec nous, montrez, non l'insouciance des passagers, mais le zèle et la vigilance des pilotes. Pendant que les autres dorment, lespilotes, assis au gouvernail, examinent les routes de la mer et les profondeurs du ciel, et guidéspar le cours des astres, ils dirigent les navires en toute sûreté; un autre ne pourrait naviguer plus intrépidement en plein jour, qu'ils ne le font au milieu de la nuit, lorsque la merparaît le plus terrible; ils manoeuvrent attentifs et impassibles; ils considèrent non-seulement les voies de l'océan et le cours des astres, mais aussi la direction des vents ; et telle est leur habileté, que souvent, lorsque la tempête se lève plus violente et prête à engloutir les vaisseaux, ils savent par la disposition des voiles, éviter tout danger; leur science triomphe des efforts des vents, et arrache les passagers au naufrage. Si ces pilotes, parcourant la mer pour des richesses temporelles, montrent une telle vigilance, à plus forte raison, doit-il en être ainsi de nous. Car la négligence aurait des conséquences plus graves, et la vigilance, un résultat plus heureux pour nous que pour eux. Notre barque n'est pas formée de planches, mais des saintes Ecritures; ce ne sont pas les astres du ciel qui nous conduisent, c'est le soleil de justice quidirige notre course; assis au gouvernail nous n'attendons pas le souffle du zéphyr, mais ladouce influence du Saint-Esprit. » Jean Chrysostome Anomeens Vii

Une boussole dans la tempête
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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 15:38

Ma participation à ce congrès sur l'un de mes sujets favori : le cerveau

Lorsque nous voulons comprendre le fonctionnement du cerveau, il faut tout d'abord faire preuve d'humilité. L'aspect spirituel/psychologique et organique du cerveau est très subtile. Pour l'optimisation de ces fonctions, un(e) professionnel de la santé se doit d'intégrer la sociologie, la psychologie, la psychiatrie, la neurologie, I'endocrinologie et I'immunologie parce que Ie système nerveux, endocrinien, immunitaire sont des processus d'information intégrés dont la fonction est de s'adapter aux stress externes et internes dans le but d'assurer la survie de l'organisme (c'est-à dire l'identité et la survie d'un individu - quand I'identité va jusqu'à la notion de la famille et de la société).

L'aspect Psycho-neuro-endocrinien est primordial. Que nous montre la science sur ce sujet, et et il possible d'améliorer ces fonctions cérébrales avec l'âge tout en assurant une neuroprotection à travers les diverses insultes que nous subisons au quotidiens ?

18ème Congres Greco 2014
18ème Congres Greco 2014
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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 15:29

Léon Chestov écrivit cet ouvrage entre 1911 et 1914, en Suisse, et la Faculté de Théologie Protestante de l’Université de Strasbourg sut alors reconnaître la pertinence du propos puisqu’elle le publia en 1957 aux Presses Universitaires de France.

C’est cette publication que nous avons remise ici en page, en nous efforçant de la rendre entièrement accessible aux lecteurs ne maîtrisant que le Français. Toutes les citations latines sont traduites, ainsi que toute autre partie de texte que l’auteur laissât dans la langue d’origine (le grec ou l’allemand).

Chestov fait ici une synthèse du « nœud millénaire » que le monde religieux a tissé au cours des siècles, tant le catholicisme que le protestantisme. En effet, l’éthique et la raison ont toujours « illuminé » la foi pour mieux l’altérer et la figer. Depuis l’Antiquité des Platon jusqu’aux Christianismes du 20e siècle, en passant par saint Augustin, le Moyen Âge de Thomas d’Aquin et de remarquables penseurs tels que Spinoza… les philosophies et les églises, dans un accord commun très étrange, ont été incapables de laisser la foi seule — libre des entraves et des nécessités que la raison impose.

Mais le Sola Fide de Chestov ne fut pas entendu pour une autre raison majeure :Parce que l’auteur nous y dévoile « deux Luther » — et celui qui l’intéresse n’a jamais plu, tant aux protestants qu’aux catholiques ! En effet, nous dit Chestov :

« C’est une erreur de porter notre jugement sur Luther en partant du protestantisme. Celui-ci, en effet, a déjà son organisation, son passé, ses bases et ses traditions, tandis que la crise de Luther est caractérisée justement par son détachement des traditions, par l’écroulement des fondements millénaires qui l’avaient soutenu. Nous serons seulement pleinement d’accord avec les catholiques qui affirment que le luthéranisme a renié Luther et que, dans son essence, il est revenu vers le catholicisme ; nous dirons même que Luther a dû renier sa propre expérience spirituelle, dès qu’il eut à la formuler et à la transformer en une doctrine. C’est dans cette transformation, qui peut paraître paradoxale, qu’il faut chercher le profond mystère de toute œuvre religieuse. » (104)

Qu’est-ce que Léon Chestov a bien pu voir pour affirmer une telle chose ? Qu’on ne se trompe pas ici, car si Chestov est un excellent penseur, ce qu’il a vu n’est ni alambiqué ni ésotérique, bien au contraire, c’est fort simple, trop simple même — car, ce qui est simple a l’avantage de pouvoir être profond parce que léger. Mais laissons-le nous en faire lui-même l’ébauche par cet autre passage :

« Luther prêchait que l’homme était justifié par la foi seule. C’est le petit mot « sola » qui a creusé l’abîme entre lui et le catholicisme, et c’est précisément ce petit mot qui a complètement disparu de la doctrine protestante… » (122)

« Dans la vie pratique, non seulement les protestants, mais Luther lui-même ne savait que faire de sa doctrine de ”sola fide (par la foi seule)”. Dans la solitude, les yeux tournés vers l’infini, il sentait que seule la foi comptait, qu’elle seule donnait les forces, l’espérance et apportait même la consolation. Mais dès qu’il se tournait vers les hommes, il s’apercevait que les catholiques avaient raison : la foi effraye, les hommes ont besoin d’une autorité ferme, implacable, à pouvoirs illimités, toujours fidèle à elle-même. En de tels moments, Luther se mettait à parler un tout autre langage — comme s’il ne s’était jamais approché du mont Sinaï, comme si jamais il n’avait entendu la voix divine résonner dans la tempête. Pareil à la femme de Lot, il se changeait en statue de sel. L’histoire ne parle guère de Luther-Prophète. Elle n’a que faire des prophètes : ils sont tout juste bons pour être lapidés, comme le veut leur destin. L’histoire a besoin de réformateurs, d’hommes capables de regarder autour d’eux et d’escompter les conséquences pratiques de leurs entreprises. C’est Luther-réformateur qui compte aux yeux de l’histoire, celui dont les Allemands ont inscrit le nom en lettres d’or à côté de ceux des grands ouvriers de la Renaissance germanique. Quant à l’autre aspect de la pensée et de l’expérience luthériennes, les protestants qui sont aussi hostiles au vrai Luther que les catholiques, ont pris soin de bien le cacher et le camoufler. » (121)

En choisissant comme titre « Luther et l’Église », Léon Chestov fait un condensé très exact du problème réel auquel se rattache le Sola Fide (par la foi seule) de Luther. Mais il ne fut pas le seul à voir que le nœud du problème est ici plus que partout ailleurs, même les catholiques ont mieux discerné ce fait que la tradition protestante, comme nous le fait remarquer ici le philosophe russe :

« L’éminent théologien catholique Albert Maria Weiss le dit en toutes lettres : « Ce qui sépare les disciples authentiques de Luther des catholiques, ce n’est pas une quantité plus ou moins grande de formules dogmatiques isolées, c’est le rejet total et fondamental de l’Église en tant qu’autorité. » (105)

Ce qui était vrai hier pour le catholicisme ne l’est-il pas aujourd’hui tout autant pour le protestantisme ? Ce dernier n’est-il pas devenu un succédané de catholicisme ? Faut-il en venir à la conclusion suivante de Léon Chestov :

« Ce que tous les hommes durant des dizaines des siècles considéraient comme la citadelle la plus sûre de la foi, se révélait être le repaire de la plus terrible et dangereuse incroyance. (…) Cette Église qui proclamait pendant des millénaires et qui proclame encore qu’en dehors d’elle, il n’y a point de salut aurait conduit droit à la perdition des centaines de millions, des milliards d’hommes, pleins de confiance.Dans quel monde horrible vivons-nous, si nous pouvons devenir les victimes de mensonges aussi effroyables ! (9)

le livre se trouve dans son entier sur ce lien :

http://www.lescahiersjeremie.net/index.php/livres/Sola-Fide-%28Chestov%29

Sola Fide, Luther et l’Église
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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 12:18

" Le christianisme devient une bouteille vide que les cultures successives remplissent de n'importe quoi".

Socrate (470-399 B.C.) est considéré par quelques historiens comme étant le père de la philosophie. Né et élevé à Athènes, sa coutume était de parcourir la ville en soulevant implacablement et en analysant des questions pertinentes. [1] Socrate a hardiment remis en cause les vues populaires de son temps. Il a pensé librement sur des sujets que ses concitoyens Athéniens considéraient comme fermés à toute discussion.

L'inlassable habitude de Socrate de lancer d'épineuses questions et de les entraîner dans des dialogues critiques au sujet de leurs coutumes admises lui a par la suite coûté la vie. Son interrogation harcelante au sujet des traditions établies provoquait les chefs d'Athènes à l'accuser de « corrompre la jeunesse. » En conséquence, ils ont mis Socrate à mort. Un message clair a été envoyé à ses concitoyens: Tous ceux qui remettent en cause les coutumes établies rencontreront le même destin ! [2]

Je ne mentionnerai pas les milliers de chrétiens qui ont été torturés et martyrisés par l'église institutionnelle parce qu'ils ont osé défier ses enseignements. [3]

Comme chrétiens, nos dirigeants nous enseignent à croire certaines idées et à se comporter de certaines manières. Nous avons une bible, oui. Mais nous sommes conditionnés à lire avec l'objectif qui nous est remis par la tradition chrétienne à laquelle nous appartenons. On nous enseigne à obéir à notre dénomination (ou mouvement) et à ne jamais éprouver ce qu'on y enseigne.

(À ce moment, tous les cœurs rebelles applaudissent et complotent pour utiliser les paragraphes ci-dessus pour faire du grabuge au sein de leurs églises. Si c'est toi, cher cœur rebelle, vous avez manqué mon point par une distance considérable. Je ne te supporte pas dans cette démarche. Mon conseil : Partez de votre église tranquillement, en refusant de causer la division, ou soyez en paix avec elle. Il y a un vaste écart entre la rébellion et prendre position pour ce qui est vrai.)

À dire vrai, nous les chrétiens ne semblons jamais demander pourquoi nous faisons ce que nousfaisons. Au lieu de cela, nous répétons gaiement nos traditions religieuses, ne demandant jamais d'où elles sont venues. La plupart des chrétiens qui prétendent confirmer l'intégrité de la Parole de Dieu n'ont jamais cherché àvoir si ce qu'elles font chaque dimanche a quelque support scriptural. Comment est-ce que je sais cela ? Parce que s'ils le faisaient, ils seraient amenés à quelques conclusions très inquiétantes. Conclusions qui les contraindraient par motif conscience à abandonner pour toujours ce qu'elles font.

De façon saisissante, la pensée et la pratique ecclésiastiques contemporaines ont été influencées par des événements historiques bien davantage parabibliques que par des impératifs et des exemples du NT (nouveau testament). Pourtant la plupart des chrétiens sont sans connaissance de cette influence. Non plus sont-ils conscients du fait qu'elle a créé un groupe [4] de traditions bien aimées, calcifiées, de conception toute humaine [5][qui nous est transmis par habitude en tant que " chrétien. " [6]

1] Socrates a cru que la vérité est trouvée en dialoguant intensivement au sujet d'une issue et implacable la remettant en cause. Cette méthode est connue comme dialectale ou « méthode socratique. »

[2] Pour un traitement concis de la vie et de l'enseignement de Socrates, voient Socrates de Samuel Enoch Stumpf à Sartre (New York :

McGraw-Colline, 1993), pp. 29-45.

[3] Le livre indestructible de Ken Connolly, Rapids grand: Livre de Baker Books, de 1996 et de Foxe des martyres, vieux Tappan : Flèche

Books, 1968.

[4] Trappe d'Edwin, l'influence des idées grecques et utilisations sur l'église chrétienne (Peabody : Hendrickson, 1895), P. 18. La trappe trace les effets néfastes d'une église qui a été influencée par sa culture plutôt qu'une église qui a influencé sa culture.

[6][5] C'était le philosophe chrétien Soren Kierkegaard (1813-1855) qui ont dit que le christianisme moderne est essentiellement une

contrefaçon (Soren Kierkegaard, attaque sur la chrétienté, ET 1946, pp 59ff., 117, 150ff., 209ff.).

[7][6] Après que le Romans ait détruit Jérusalem dans A.D. 70, le christianisme judaïque s'est affaibli dans les nombres et la puissance. Le

gentil christianisme a dominé, et la nouvelle foi a commencé à absorber la philosophie et le rituel Greco-Romains. Le christianisme judaïque

a survécu pendant cinq siècles dans le petit groupe de chrétiens de Syriac appelés Ebionim. Mais leur influence n'était pas très répandue.

Volonté Durant, César au Christ (New York : Simon et Schuster, 1950), P. 577. Selon le cas de Shirley J., « était non seulement

l'environnement social du mouvement chrétien en grande partie gentil bien avant la fin du premier siècle, mais il avait divisé des liens

presque plus tôt de contact social avec les chrétiens juifs de la Palestine… par l'année 100, christianisme est principalement un gentil

mouvement religieux… vivant ensemble dans un gentil environnement social commun » (les origines sociales de christianisme, New York :

Tonnelier Publishers carré, 1975, pp. 27-28). E. Glenn que Hinson écrit, « à partir du premier siècle en retard dorénavant à travers, Gentiles

est venu pour dépasser des juifs en nombre dans l'assemblée chrétienne. Ils ont importé des manières subtiles certaines des idées, des

attitudes, et des coutumes de la culture grecque et romaine » (histoire, volume XII, non 1, issue chrétiens 37, P. 17).

De Frank Viola et Geroge Barna

Un ouvrage à découvrir : http://www.editionsoasis.com/Le-christianisme-paganise-cbvaaaiCd.asp

Du même auteur :

http://www.michelledastier.com/le-sermon-la-vache-la-plus-sacree-du-protestantisme-par-franck-viola-et-george-barna/

LE CHRISTIANISME  PAGANISÉ
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 16:57

La vie ne se révèle qu'à ceux dont les sens sont vigilants et qui s'avancent, félins tendus, vers le moindre signal.

Tout sur terre nous interpelle, nous hèle, mais si finement que nous passons mille fois sans rien voir. Nous marchons sur des joyaux sans les remarquer. Les sens nous restituent le sens. [ ... ]

Ce que je tente de faire percevoir dans ces frôlements de mémoire, c'est à quel point ces instants de présence aiguë livrent leur sens, et le détiennent. Dans tous ces instants où je suis "touchée", Dieu est au rendez-vous.

Dieu ou comme vous préférez : cette mémoire haute qui m'habite ! L'écho du logion 77 de St Thomas : « Je suis partout. Quand tu vas couper du bois, je suis dans le bois. Quand tu soulèves la pierre, je suis sous la pierre... »

Non pas : je suis le bois, je suis la pierre, mais chaque fois que tu es là, vraiment là, absorbé dans la rencontre du monde créé, alors je suis là ! Là où tu es, dans la présence aiguë, je suis aussi.

Être là ! Le secret. Il n'y a rien d'autre. Il n'est pas d'autre chemin pour sortir des léthargies nauséabondes, des demi-sommeils, des commentaires sans fin, que de naître enfin à ce qui est.

Présence
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 15:03

Qui connait le nom de Chestov "dévastateur de la raison", grand lecteur de Kierkegaard comme de Nietzsche ou de Pascal? La réputation commune -qui naît de la bêtise de l'intelligence- aura forcément oublié la grandeur terrible de Léon Chestov. Il s'agit alors de le ressusciter au monde pour que ce dernier lui-même ne croulât point dans la nuit, la nuit de Gethsémani, cette nuit évoquée par Pascal, celle de Pierre endormi pendant que son maître était à l'agonie. Comment se tirer de cette ornière du sommeil qui nous fait tourner les yeux ailleurs, confiants dans nos vérités rassurantes mais impardonnables?

La raison est enchanteresse et engloutit le monde dans l'assoupissement, dans l'engourdissement des certitudes. Voici que Chestov nous exhorte de faire "du manque de clarté" une nuit terrible, une profession de foi pour affronter un élément nocturne qui l'emporte en pesanteur sur le sable de la mer. Il faut crever le moi lustral et haïssable que l'autorité de la raison rend aveugle et promène devant tout le monde. Pierre qui dort dans le jardin de Gethsémani, trop certain de lui-même, "laisse le Christ à l'agonie jusqu'à la fin du monde". Et cela ne concerne pas directement l'épisode biblique pour autant que, autour de nous, nous sentons bien que la douleur l'emportera en pesanteur sur la masse de tous les soleils.

Chestov, par ses lectures assidues, conduit à une véritable intranquillité, une insomnie qui ne nous laissera pas de répits. Nous ne devons pas nous endormir et fermer l'oeil. Nous philosophes, ne pouvons plus nous payer le luxe de l'évanouissement. Et ce commandement ne saurait être entendu par la mode qui sacre les grands. Elle sourd du coeur des petits, des misérables "certains rares élus et martyrs" dont la vigilance pourra un temps sauver le monde "car s'ils s'endorment à leur tour, comme s'endormit pendant la nuit mémorable le grand apôtre, le sacrifice de Dieu aura été vain, et la mort triomphera définitivement et pour toujours".

Le Dieu incroyable de Chestov, auquel on ne croit que par incroyance, est un Dieu qui lutte pour l'arbitraire, un coup de dés capable d'extraire dans la nuit de l'insomnie la lumière de ce qui est possible. Tout est possible même quand la raison aura démontré l'inverse. Le possible est avéré même pour l'impossible. Le hasard vaut mieux que la vérité, le miracle plus que la nécessité démontrée. Mais cette lueur n'est perçue que de nuit, pour celui qui refuse définitivement de s'endormir devant l'horreur de l'attendu et du prescriptible.

Comment la philosophie peut tirer le monde de l'engourdissement?, voilà sans doute la belle leçon de Léon ChestovLa nuit de Gethsémani -Essai sur la philosophie de Pascal publiée aux éditions de L'éclat. Alors, que pouvons-nous attendre encore, envers et contre l'air du temps, d'un philosophe né russe qui n'avait pas même la foi, mais qui revendiquait l'incertitude élevée au rang d'une méthode? Vivre affolés, vivre dans la terreur de la pensée qui s'ouvre à l'impensable qu'elle brandit contre les somnolences de la raison. Il ne nous sera désormais plus loisible de fermer l'oeil. Autant lire Chestov dans ce cas, tant l'urgence frappe à la porte.

Note :Selon Chestov, de ne point chercher «l'assurance et la fermeté» (Brunschvicg, 72) et de veiller, de veiller sans relâche, de se tenir debout, la prunelle implacablement ouverte sur l'obscurité, pour ne pas suivre l'exemple de Pierre durant «la nuit mémorable», et garantir ainsi que le «sacrifice de Dieu» n'aura pas été vain, et que «la mort [ne pourra donc triompher] définitivement et pour toujours» (dernières lignes, p. 127).

Léon Chestov, La nuit de Gethsémani - Essai sur la philosophie de Pascal
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 08:11

Søren Kierkegaard, penseur chrétien fervent et tourmenté, « toute la chrétienté n'est autre chose que l'effort du genre humain pour retomber sur ses pattes, pour se débarrasser du christianisme ». Ce que souligne avec pertinence le philosophe danois, c'est que le message de Jésus est totalement subversif à l'égard de la morale, du pouvoir et de la religion, puisqu'il met l'amour et la non-puissance au-dessus de tout. à tel point que les chrétiens ont eu vite fait de le rendre plus conforme à l'esprit humain en le réinscrivant dans un cadre de pensée et des pratiques religieuses traditionnelles. La naissance de cette « religion chrétienne », et son incroyable dévoiement à partir du IVe siècle dans la confusion avec le pouvoir politique, est bien souvent aux antipodes du message dont elle s'inspire. L'église est nécessaire comme communauté de disciples qui a pour mission de transmettre la mémoire de Jésus et sa présence à travers le seul sacrement qu'il a institué (l'Eucharistie), de diffuser sa parole et surtout d'en témoigner. Mais comment reconnaître le message évangélique dans le droit canon, le décorum pompeux, un moralisme étroit, la hiérarchie ecclésiastique pyramidale, la multiplication des sacrements, la lutte sanglante contre les hérésies, l'emprise des clercs sur la société avec toutes les dérives que cela comporte ? La chrétienté, c'est la beauté sublime des cathédrales, mais c'est aussi tout cela. Prenant acte de la fin de notre civilisation chrétienne, un père du concile Vatican II s'est exclamé : « La chrétienté est morte, vive le christianisme ! » Paul Ricœur, qui me rapportait cette anecdote quelques années avant sa mort, a ajouté : « Moi, j'aurais plutôt envie de dire : la chrétienté est morte, vive l'évangile !, puisqu'il n'y a jamais eu de société authentiquement chrétienne. » Au fond, le déclin de la religion chrétienne ne constitue-t-il pas une chance pour le message du Christ d'être à nouveau audible ? « On ne met pas du vin nouveau dans des outres vieilles », disait Jésus. La crise profonde des églises chrétiennes est peut-être le prélude à une nouvelle renaissance de la foi vive des évangiles. Une foi qui, parce qu'elle renvoie à l'amour du prochain comme signe de l'amour de Dieu, n'est pas sans une proximité forte avec l'humanisme laïque des droits de l'homme constituant le socle de nos valeurs modernes. Et une foi qui sera aussi une force de résistance farouche aux pulsions matérialistes et mercantiles d'un monde de plus en plus déshumanisé. Un nouveau visage du christianisme peut donc émerger sur les ruines de notre « civilisation chrétienne », dont les croyants attachés à l'évangile plus qu'à la culture et à la tradition chrétienne n'auront aucune nostalgie.

Frédéric Lenoir
la chrétienté est morte, vive l'évangile
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