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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 15:38

Ma participation à ce congrès sur l'un de mes sujets favori : le cerveau

Lorsque nous voulons comprendre le fonctionnement du cerveau, il faut tout d'abord faire preuve d'humilité. L'aspect spirituel/psychologique et organique du cerveau est très subtile. Pour l'optimisation de ces fonctions, un(e) professionnel de la santé se doit d'intégrer la sociologie, la psychologie, la psychiatrie, la neurologie, I'endocrinologie et I'immunologie parce que Ie système nerveux, endocrinien, immunitaire sont des processus d'information intégrés dont la fonction est de s'adapter aux stress externes et internes dans le but d'assurer la survie de l'organisme (c'est-à dire l'identité et la survie d'un individu - quand I'identité va jusqu'à la notion de la famille et de la société).

L'aspect Psycho-neuro-endocrinien est primordial. Que nous montre la science sur ce sujet, et et il possible d'améliorer ces fonctions cérébrales avec l'âge tout en assurant une neuroprotection à travers les diverses insultes que nous subisons au quotidiens ?

18ème Congres Greco 2014
18ème Congres Greco 2014
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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 15:29

Léon Chestov écrivit cet ouvrage entre 1911 et 1914, en Suisse, et la Faculté de Théologie Protestante de l’Université de Strasbourg sut alors reconnaître la pertinence du propos puisqu’elle le publia en 1957 aux Presses Universitaires de France.

C’est cette publication que nous avons remise ici en page, en nous efforçant de la rendre entièrement accessible aux lecteurs ne maîtrisant que le Français. Toutes les citations latines sont traduites, ainsi que toute autre partie de texte que l’auteur laissât dans la langue d’origine (le grec ou l’allemand).

Chestov fait ici une synthèse du « nœud millénaire » que le monde religieux a tissé au cours des siècles, tant le catholicisme que le protestantisme. En effet, l’éthique et la raison ont toujours « illuminé » la foi pour mieux l’altérer et la figer. Depuis l’Antiquité des Platon jusqu’aux Christianismes du 20e siècle, en passant par saint Augustin, le Moyen Âge de Thomas d’Aquin et de remarquables penseurs tels que Spinoza… les philosophies et les églises, dans un accord commun très étrange, ont été incapables de laisser la foi seule — libre des entraves et des nécessités que la raison impose.

Mais le Sola Fide de Chestov ne fut pas entendu pour une autre raison majeure :Parce que l’auteur nous y dévoile « deux Luther » — et celui qui l’intéresse n’a jamais plu, tant aux protestants qu’aux catholiques ! En effet, nous dit Chestov :

« C’est une erreur de porter notre jugement sur Luther en partant du protestantisme. Celui-ci, en effet, a déjà son organisation, son passé, ses bases et ses traditions, tandis que la crise de Luther est caractérisée justement par son détachement des traditions, par l’écroulement des fondements millénaires qui l’avaient soutenu. Nous serons seulement pleinement d’accord avec les catholiques qui affirment que le luthéranisme a renié Luther et que, dans son essence, il est revenu vers le catholicisme ; nous dirons même que Luther a dû renier sa propre expérience spirituelle, dès qu’il eut à la formuler et à la transformer en une doctrine. C’est dans cette transformation, qui peut paraître paradoxale, qu’il faut chercher le profond mystère de toute œuvre religieuse. » (104)

Qu’est-ce que Léon Chestov a bien pu voir pour affirmer une telle chose ? Qu’on ne se trompe pas ici, car si Chestov est un excellent penseur, ce qu’il a vu n’est ni alambiqué ni ésotérique, bien au contraire, c’est fort simple, trop simple même — car, ce qui est simple a l’avantage de pouvoir être profond parce que léger. Mais laissons-le nous en faire lui-même l’ébauche par cet autre passage :

« Luther prêchait que l’homme était justifié par la foi seule. C’est le petit mot « sola » qui a creusé l’abîme entre lui et le catholicisme, et c’est précisément ce petit mot qui a complètement disparu de la doctrine protestante… » (122)

« Dans la vie pratique, non seulement les protestants, mais Luther lui-même ne savait que faire de sa doctrine de ”sola fide (par la foi seule)”. Dans la solitude, les yeux tournés vers l’infini, il sentait que seule la foi comptait, qu’elle seule donnait les forces, l’espérance et apportait même la consolation. Mais dès qu’il se tournait vers les hommes, il s’apercevait que les catholiques avaient raison : la foi effraye, les hommes ont besoin d’une autorité ferme, implacable, à pouvoirs illimités, toujours fidèle à elle-même. En de tels moments, Luther se mettait à parler un tout autre langage — comme s’il ne s’était jamais approché du mont Sinaï, comme si jamais il n’avait entendu la voix divine résonner dans la tempête. Pareil à la femme de Lot, il se changeait en statue de sel. L’histoire ne parle guère de Luther-Prophète. Elle n’a que faire des prophètes : ils sont tout juste bons pour être lapidés, comme le veut leur destin. L’histoire a besoin de réformateurs, d’hommes capables de regarder autour d’eux et d’escompter les conséquences pratiques de leurs entreprises. C’est Luther-réformateur qui compte aux yeux de l’histoire, celui dont les Allemands ont inscrit le nom en lettres d’or à côté de ceux des grands ouvriers de la Renaissance germanique. Quant à l’autre aspect de la pensée et de l’expérience luthériennes, les protestants qui sont aussi hostiles au vrai Luther que les catholiques, ont pris soin de bien le cacher et le camoufler. » (121)

En choisissant comme titre « Luther et l’Église », Léon Chestov fait un condensé très exact du problème réel auquel se rattache le Sola Fide (par la foi seule) de Luther. Mais il ne fut pas le seul à voir que le nœud du problème est ici plus que partout ailleurs, même les catholiques ont mieux discerné ce fait que la tradition protestante, comme nous le fait remarquer ici le philosophe russe :

« L’éminent théologien catholique Albert Maria Weiss le dit en toutes lettres : « Ce qui sépare les disciples authentiques de Luther des catholiques, ce n’est pas une quantité plus ou moins grande de formules dogmatiques isolées, c’est le rejet total et fondamental de l’Église en tant qu’autorité. » (105)

Ce qui était vrai hier pour le catholicisme ne l’est-il pas aujourd’hui tout autant pour le protestantisme ? Ce dernier n’est-il pas devenu un succédané de catholicisme ? Faut-il en venir à la conclusion suivante de Léon Chestov :

« Ce que tous les hommes durant des dizaines des siècles considéraient comme la citadelle la plus sûre de la foi, se révélait être le repaire de la plus terrible et dangereuse incroyance. (…) Cette Église qui proclamait pendant des millénaires et qui proclame encore qu’en dehors d’elle, il n’y a point de salut aurait conduit droit à la perdition des centaines de millions, des milliards d’hommes, pleins de confiance.Dans quel monde horrible vivons-nous, si nous pouvons devenir les victimes de mensonges aussi effroyables ! (9)

le livre se trouve dans son entier sur ce lien :

http://www.lescahiersjeremie.net/index.php/livres/Sola-Fide-%28Chestov%29

Sola Fide, Luther et l’Église
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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 12:18

" Le christianisme devient une bouteille vide que les cultures successives remplissent de n'importe quoi".

Socrate (470-399 B.C.) est considéré par quelques historiens comme étant le père de la philosophie. Né et élevé à Athènes, sa coutume était de parcourir la ville en soulevant implacablement et en analysant des questions pertinentes. [1] Socrate a hardiment remis en cause les vues populaires de son temps. Il a pensé librement sur des sujets que ses concitoyens Athéniens considéraient comme fermés à toute discussion.

L'inlassable habitude de Socrate de lancer d'épineuses questions et de les entraîner dans des dialogues critiques au sujet de leurs coutumes admises lui a par la suite coûté la vie. Son interrogation harcelante au sujet des traditions établies provoquait les chefs d'Athènes à l'accuser de « corrompre la jeunesse. » En conséquence, ils ont mis Socrate à mort. Un message clair a été envoyé à ses concitoyens: Tous ceux qui remettent en cause les coutumes établies rencontreront le même destin ! [2]

Je ne mentionnerai pas les milliers de chrétiens qui ont été torturés et martyrisés par l'église institutionnelle parce qu'ils ont osé défier ses enseignements. [3]

Comme chrétiens, nos dirigeants nous enseignent à croire certaines idées et à se comporter de certaines manières. Nous avons une bible, oui. Mais nous sommes conditionnés à lire avec l'objectif qui nous est remis par la tradition chrétienne à laquelle nous appartenons. On nous enseigne à obéir à notre dénomination (ou mouvement) et à ne jamais éprouver ce qu'on y enseigne.

(À ce moment, tous les cœurs rebelles applaudissent et complotent pour utiliser les paragraphes ci-dessus pour faire du grabuge au sein de leurs églises. Si c'est toi, cher cœur rebelle, vous avez manqué mon point par une distance considérable. Je ne te supporte pas dans cette démarche. Mon conseil : Partez de votre église tranquillement, en refusant de causer la division, ou soyez en paix avec elle. Il y a un vaste écart entre la rébellion et prendre position pour ce qui est vrai.)

À dire vrai, nous les chrétiens ne semblons jamais demander pourquoi nous faisons ce que nousfaisons. Au lieu de cela, nous répétons gaiement nos traditions religieuses, ne demandant jamais d'où elles sont venues. La plupart des chrétiens qui prétendent confirmer l'intégrité de la Parole de Dieu n'ont jamais cherché àvoir si ce qu'elles font chaque dimanche a quelque support scriptural. Comment est-ce que je sais cela ? Parce que s'ils le faisaient, ils seraient amenés à quelques conclusions très inquiétantes. Conclusions qui les contraindraient par motif conscience à abandonner pour toujours ce qu'elles font.

De façon saisissante, la pensée et la pratique ecclésiastiques contemporaines ont été influencées par des événements historiques bien davantage parabibliques que par des impératifs et des exemples du NT (nouveau testament). Pourtant la plupart des chrétiens sont sans connaissance de cette influence. Non plus sont-ils conscients du fait qu'elle a créé un groupe [4] de traditions bien aimées, calcifiées, de conception toute humaine [5][qui nous est transmis par habitude en tant que " chrétien. " [6]

1] Socrates a cru que la vérité est trouvée en dialoguant intensivement au sujet d'une issue et implacable la remettant en cause. Cette méthode est connue comme dialectale ou « méthode socratique. »

[2] Pour un traitement concis de la vie et de l'enseignement de Socrates, voient Socrates de Samuel Enoch Stumpf à Sartre (New York :

McGraw-Colline, 1993), pp. 29-45.

[3] Le livre indestructible de Ken Connolly, Rapids grand: Livre de Baker Books, de 1996 et de Foxe des martyres, vieux Tappan : Flèche

Books, 1968.

[4] Trappe d'Edwin, l'influence des idées grecques et utilisations sur l'église chrétienne (Peabody : Hendrickson, 1895), P. 18. La trappe trace les effets néfastes d'une église qui a été influencée par sa culture plutôt qu'une église qui a influencé sa culture.

[6][5] C'était le philosophe chrétien Soren Kierkegaard (1813-1855) qui ont dit que le christianisme moderne est essentiellement une

contrefaçon (Soren Kierkegaard, attaque sur la chrétienté, ET 1946, pp 59ff., 117, 150ff., 209ff.).

[7][6] Après que le Romans ait détruit Jérusalem dans A.D. 70, le christianisme judaïque s'est affaibli dans les nombres et la puissance. Le

gentil christianisme a dominé, et la nouvelle foi a commencé à absorber la philosophie et le rituel Greco-Romains. Le christianisme judaïque

a survécu pendant cinq siècles dans le petit groupe de chrétiens de Syriac appelés Ebionim. Mais leur influence n'était pas très répandue.

Volonté Durant, César au Christ (New York : Simon et Schuster, 1950), P. 577. Selon le cas de Shirley J., « était non seulement

l'environnement social du mouvement chrétien en grande partie gentil bien avant la fin du premier siècle, mais il avait divisé des liens

presque plus tôt de contact social avec les chrétiens juifs de la Palestine… par l'année 100, christianisme est principalement un gentil

mouvement religieux… vivant ensemble dans un gentil environnement social commun » (les origines sociales de christianisme, New York :

Tonnelier Publishers carré, 1975, pp. 27-28). E. Glenn que Hinson écrit, « à partir du premier siècle en retard dorénavant à travers, Gentiles

est venu pour dépasser des juifs en nombre dans l'assemblée chrétienne. Ils ont importé des manières subtiles certaines des idées, des

attitudes, et des coutumes de la culture grecque et romaine » (histoire, volume XII, non 1, issue chrétiens 37, P. 17).

De Frank Viola et Geroge Barna

Un ouvrage à découvrir : http://www.editionsoasis.com/Le-christianisme-paganise-cbvaaaiCd.asp

Du même auteur :

http://www.michelledastier.com/le-sermon-la-vache-la-plus-sacree-du-protestantisme-par-franck-viola-et-george-barna/

LE CHRISTIANISME  PAGANISÉ
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 16:57

La vie ne se révèle qu'à ceux dont les sens sont vigilants et qui s'avancent, félins tendus, vers le moindre signal.

Tout sur terre nous interpelle, nous hèle, mais si finement que nous passons mille fois sans rien voir. Nous marchons sur des joyaux sans les remarquer. Les sens nous restituent le sens. [ ... ]

Ce que je tente de faire percevoir dans ces frôlements de mémoire, c'est à quel point ces instants de présence aiguë livrent leur sens, et le détiennent. Dans tous ces instants où je suis "touchée", Dieu est au rendez-vous.

Dieu ou comme vous préférez : cette mémoire haute qui m'habite ! L'écho du logion 77 de St Thomas : « Je suis partout. Quand tu vas couper du bois, je suis dans le bois. Quand tu soulèves la pierre, je suis sous la pierre... »

Non pas : je suis le bois, je suis la pierre, mais chaque fois que tu es là, vraiment là, absorbé dans la rencontre du monde créé, alors je suis là ! Là où tu es, dans la présence aiguë, je suis aussi.

Être là ! Le secret. Il n'y a rien d'autre. Il n'est pas d'autre chemin pour sortir des léthargies nauséabondes, des demi-sommeils, des commentaires sans fin, que de naître enfin à ce qui est.

Présence
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 15:03

Qui connait le nom de Chestov "dévastateur de la raison", grand lecteur de Kierkegaard comme de Nietzsche ou de Pascal? La réputation commune -qui naît de la bêtise de l'intelligence- aura forcément oublié la grandeur terrible de Léon Chestov. Il s'agit alors de le ressusciter au monde pour que ce dernier lui-même ne croulât point dans la nuit, la nuit de Gethsémani, cette nuit évoquée par Pascal, celle de Pierre endormi pendant que son maître était à l'agonie. Comment se tirer de cette ornière du sommeil qui nous fait tourner les yeux ailleurs, confiants dans nos vérités rassurantes mais impardonnables?

La raison est enchanteresse et engloutit le monde dans l'assoupissement, dans l'engourdissement des certitudes. Voici que Chestov nous exhorte de faire "du manque de clarté" une nuit terrible, une profession de foi pour affronter un élément nocturne qui l'emporte en pesanteur sur le sable de la mer. Il faut crever le moi lustral et haïssable que l'autorité de la raison rend aveugle et promène devant tout le monde. Pierre qui dort dans le jardin de Gethsémani, trop certain de lui-même, "laisse le Christ à l'agonie jusqu'à la fin du monde". Et cela ne concerne pas directement l'épisode biblique pour autant que, autour de nous, nous sentons bien que la douleur l'emportera en pesanteur sur la masse de tous les soleils.

Chestov, par ses lectures assidues, conduit à une véritable intranquillité, une insomnie qui ne nous laissera pas de répits. Nous ne devons pas nous endormir et fermer l'oeil. Nous philosophes, ne pouvons plus nous payer le luxe de l'évanouissement. Et ce commandement ne saurait être entendu par la mode qui sacre les grands. Elle sourd du coeur des petits, des misérables "certains rares élus et martyrs" dont la vigilance pourra un temps sauver le monde "car s'ils s'endorment à leur tour, comme s'endormit pendant la nuit mémorable le grand apôtre, le sacrifice de Dieu aura été vain, et la mort triomphera définitivement et pour toujours".

Le Dieu incroyable de Chestov, auquel on ne croit que par incroyance, est un Dieu qui lutte pour l'arbitraire, un coup de dés capable d'extraire dans la nuit de l'insomnie la lumière de ce qui est possible. Tout est possible même quand la raison aura démontré l'inverse. Le possible est avéré même pour l'impossible. Le hasard vaut mieux que la vérité, le miracle plus que la nécessité démontrée. Mais cette lueur n'est perçue que de nuit, pour celui qui refuse définitivement de s'endormir devant l'horreur de l'attendu et du prescriptible.

Comment la philosophie peut tirer le monde de l'engourdissement?, voilà sans doute la belle leçon de Léon ChestovLa nuit de Gethsémani -Essai sur la philosophie de Pascal publiée aux éditions de L'éclat. Alors, que pouvons-nous attendre encore, envers et contre l'air du temps, d'un philosophe né russe qui n'avait pas même la foi, mais qui revendiquait l'incertitude élevée au rang d'une méthode? Vivre affolés, vivre dans la terreur de la pensée qui s'ouvre à l'impensable qu'elle brandit contre les somnolences de la raison. Il ne nous sera désormais plus loisible de fermer l'oeil. Autant lire Chestov dans ce cas, tant l'urgence frappe à la porte.

Note :Selon Chestov, de ne point chercher «l'assurance et la fermeté» (Brunschvicg, 72) et de veiller, de veiller sans relâche, de se tenir debout, la prunelle implacablement ouverte sur l'obscurité, pour ne pas suivre l'exemple de Pierre durant «la nuit mémorable», et garantir ainsi que le «sacrifice de Dieu» n'aura pas été vain, et que «la mort [ne pourra donc triompher] définitivement et pour toujours» (dernières lignes, p. 127).

Léon Chestov, La nuit de Gethsémani - Essai sur la philosophie de Pascal
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 08:11

Søren Kierkegaard, penseur chrétien fervent et tourmenté, « toute la chrétienté n'est autre chose que l'effort du genre humain pour retomber sur ses pattes, pour se débarrasser du christianisme ». Ce que souligne avec pertinence le philosophe danois, c'est que le message de Jésus est totalement subversif à l'égard de la morale, du pouvoir et de la religion, puisqu'il met l'amour et la non-puissance au-dessus de tout. à tel point que les chrétiens ont eu vite fait de le rendre plus conforme à l'esprit humain en le réinscrivant dans un cadre de pensée et des pratiques religieuses traditionnelles. La naissance de cette « religion chrétienne », et son incroyable dévoiement à partir du IVe siècle dans la confusion avec le pouvoir politique, est bien souvent aux antipodes du message dont elle s'inspire. L'église est nécessaire comme communauté de disciples qui a pour mission de transmettre la mémoire de Jésus et sa présence à travers le seul sacrement qu'il a institué (l'Eucharistie), de diffuser sa parole et surtout d'en témoigner. Mais comment reconnaître le message évangélique dans le droit canon, le décorum pompeux, un moralisme étroit, la hiérarchie ecclésiastique pyramidale, la multiplication des sacrements, la lutte sanglante contre les hérésies, l'emprise des clercs sur la société avec toutes les dérives que cela comporte ? La chrétienté, c'est la beauté sublime des cathédrales, mais c'est aussi tout cela. Prenant acte de la fin de notre civilisation chrétienne, un père du concile Vatican II s'est exclamé : « La chrétienté est morte, vive le christianisme ! » Paul Ricœur, qui me rapportait cette anecdote quelques années avant sa mort, a ajouté : « Moi, j'aurais plutôt envie de dire : la chrétienté est morte, vive l'évangile !, puisqu'il n'y a jamais eu de société authentiquement chrétienne. » Au fond, le déclin de la religion chrétienne ne constitue-t-il pas une chance pour le message du Christ d'être à nouveau audible ? « On ne met pas du vin nouveau dans des outres vieilles », disait Jésus. La crise profonde des églises chrétiennes est peut-être le prélude à une nouvelle renaissance de la foi vive des évangiles. Une foi qui, parce qu'elle renvoie à l'amour du prochain comme signe de l'amour de Dieu, n'est pas sans une proximité forte avec l'humanisme laïque des droits de l'homme constituant le socle de nos valeurs modernes. Et une foi qui sera aussi une force de résistance farouche aux pulsions matérialistes et mercantiles d'un monde de plus en plus déshumanisé. Un nouveau visage du christianisme peut donc émerger sur les ruines de notre « civilisation chrétienne », dont les croyants attachés à l'évangile plus qu'à la culture et à la tradition chrétienne n'auront aucune nostalgie.

Frédéric Lenoir
la chrétienté est morte, vive l'évangile
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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 17:22

Les lois naturelles et leur immuabilité, les vérités et leurs évidences ne sont peut-être qu’une suggestion, une suggestion pareille à celle que subit un coq, si l’on trace autour de lui un trait à la craie. Le coq ne pourra sorti de ce cercle, comme s’il s’agissait d’un mur et non d’une ligne. Si le coq savait raisonner et exprimer ses pensées en paroles, il aurait créé une théorie de la connaissance, disserterait sur les évidences et considérerait le trait de craie comme la limite de l’expérience possible. Il faut donc lutter contre les principes de la connaissance scientifique, non plus au moyen d’arguments, mais en employant d’autres armes. Les arguments pouvaient servir tant que nous admettions les prémisses dont ils découlaient, mais puisque nous n’y croyons plus, il faut chercher autre chose. (p. 41)

On pourrait dire de même que pas un parmi les savants influents (historiens, botanistes, géologues) ne se contente de citer des faits, mais que tous se réfèrent à l’autorité de la raison. Même Jésus, pour se faire entendre, se voyait obligé d’invoquer l’Écriture ; les premiers chrétiens et Luther étaient dans l’obligation d’agir de même. Si l’historien Harnack avait parlé ainsi, le fait qu’il signale aurait acquis une toute autre signification. Il serait alors apparu brusquement que les hommes n’ont jamais pu admettre la foi de Jésus, ni même celle de Luther, qu’il est impossible d’enseigner la foi, que la foi ne peut agir, c’est-à-dire déterminer les événements historiques, que ce que les hommes, la conscience commune appellent « foi puissante » ne ressemble aucunement à cette foi que possédaient Jésus et même Luther, mais se réduit à un ensemble de règles, de principes, auxquels tous obéissent et que tous vénèrent parce que personne ne sait d’où ils proviennent, et, qu’enfin, les hommes n’ont nullement besoin de cette foi, mais qu’ils aspirent à l’autorité et à l’ordre, lequel ordre apparaît d’autant plus immuable que son origine est incompréhensible. Ainsi les hommes croient à la raison, à la science, et considèrent que le châtiment ne menace que ceux qui méprisent la raison et la science.

Extrait des « Révélations de la mort » de Chestov

Foi, raison & science
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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 12:43

Commment retrouver énergie, santé, longévité à travers la restauration de l’axe hypothalamo‐hypophyso-surrénalien ?

Bruno Lacroix

Samedi 8 février 2014 – Limelette

Pratiquement chaque élément à l’intérieur de notre corps est régulé par les hormones. Ce sont les molécules biologiques les plus puissantes connues de la science. Les hormones exercent leur influence sur la composition de notre corps, l’énergie, le vieillissement et nos comportements. Beaucoup de nos hormones ont un effet favorable sur la composition de notre corps, d’autres ont un effet positif sur l’énergie, le vieillissement, la santé, les performances sexuelles/fonctions de reproduction. D’autres hormones ont des effets permissifs, d’inter-régulation comme l’insuline et le cortisol.

Cependant, les agents stressants chroniques et insidieux de notre époque tel que la vitesse, la compétition, l'environnement dénaturé (béton, bruit, éclairage artificiel, pollution) et l’excès de stimulation psychique (informations médiatiques et communications téléphoniques), la pression de nos relations de travail, mais aussi la malbouffe, les carences micro-nutritionnelles apporte une surcharge de stress qui amplifie nos émotions, altère la physiologie de nos organes, perturbe notre intégrité biologique, bouleverse notre homéostasie physiologique jusqu’ à diminuer notre espérance de vie. Le stress chronique est problématique car il submerge notre capacité de défense. Le but de cette conférence est de montrer scientifiquement qu’elle est le lien commun entre ces pathologies métaboliques mais aussi comment la gestion de l’axe du stress hypothalamus/hypophyse/surrénale est crucial pour éviter mais aussi pour guérir de ces maladies modernes. Il est impossible d’améliorer notre qualité et notre espérance de vie sans la gestion cette axe.

Conférencier: Bruno Lacroix: Physiologiste, expert en nutrition & micro-nutrition

Conference sur la charge allostatique du stress
Conference sur la charge allostatique du stress
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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 18:32

Dieu a voulu racheter les hommes, et ouvrir le salut à ceux qui le chercheraient. Mais les hommes s’en rendent si indignes, qu’il est juste qu’il refuse à quelques-uns à cause de leur endurcissement ce qu’il accorde aux autres par une miséricorde qui ne leur est pas due. S’il eût voulu surmonter l’obstination des plus endurcis, il l’eût pu, en se découvrant si manifestement à eux, qu’ils n’eussent pu douter de la vérité de son existence, et c’est ainsi qu’il paraîtra au dernier jour, avec un tel éclat de foudres, et un tel renversement de la nature, que les aveugles le verront.

Ce n’est pas en cette sorte qu’il a voulu paraître dans son avènement de douceur ; parce que tant d’hommes se rendant indignes de sa clémence, il a voulu les laisser dans la privation du bien qu’ils ne veulent pas. Il n’était donc pas juste qu’il parût d’une manière manifestement divine, et absolument capable de convaincre tous les hommes ; mais il n’était pas juste aussi qu’il vînt d’une manière si cachée qu’il ne pût être reconnu de ceux qui le chercheraient sincèrement. Il a voulu se rendre parfaitement connaissable à ceux-là : et ainsi voulant paraître à découvert à ceux qui le cherchent de tout leur cœur, et caché à ceux qui le fuient de tout leur cœur, il tempère sa connaissance, en sorte qu’il a donné des marques de soi visibles à ceux qui le cherchent, et obscures à ceux qui ne le cherchent pas.

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 11:10

Darwin et la Bible — La Bible nous raconte la chute du premier homme, Adam.

Vous croyez que ce n’est qu’une invention de Juifs ignorants ? Vous croyez que

l’invention du savant anglais est plus proche de la vérité et que l’homme descend

du singe ? Eh bien, permettez-moi de vous dire que les Juifs étaient plus près de la

vérité, qu’ils étaient même très près de la vérité. Vous me demanderez peut-être

pourquoi je prends avec une telle assurance le parti des Juifs ?

Aurais-je assisté à la création du monde ? Aurais-je vu Eve manger la pomme et la

tendre à Adam ? Je n’y étais pas certainement, et je n’ai rien vu. Et je ne dispose

même pas de ces preuves morales qu’invoque Kant pour la défense de ses postulats.

En général, je n’ai pas de preuves du tout, mais je pense qu’en des cas semblables,

les preuves sont un lest inutile et même fort gênant. Essayez d’admettre, si vous

en êtes capables, qu’en certains cas on peut, on doit se passer de preuves et regar-

der un peu l’homme, écoutez l’homme. Ne distingue-t-on pas encore maintenant

ces feuilles de vigne sous lesquelles il cacha sa nudité lorsque soudain il ressentit

l’horreur de sa chute ? Et cette angoisse perpétuelle, cette soif inextinguible ! Il est

ridicule de dire que les hommes n’ont jamais pu trouver sur terre ce dont ils avaient

besoin. Ils cherchent douloureusement, et ne trouvent rien, même ceux qui sont

considérés comme des maîtres, des guides. Quel art ils doivent déployer pour se

donner l’aspect de ceux qui ont trouvé ! Et pour finir, ils ne parviennent tout au

plus, malgré tout leur génie, qu’à tromper et à aveugler les autres. Car personne ne

peut être une lumière pour soi-même. Ce n’est pas en vain qu’il a été dit du soleil,

qu’il éclaire et réjouit autrui, mais que pour lui-même il est obscur. Si l’homme

descendait du singe, il trouverait à la façon du singe ce dont il a besoin. On me dira

que de tels gens existent et qu’ils sont même fort nombreux. Certainement, mais il

suit de là seulement que Darwin et les Juifs avaient également raison. Une partie des

humains descend d’Adam, sent dans son sang la brûlure du péché de son ancêtre,

en souffre et aspire au Paradis perdu, tandis que les autres proviennent du singe

pur de tout péché ; leur conscience est tranquille, rien ne les torture et ils ne rêvent

pas à l’impossible. La science consentira-t-elle à ce compromis avec la Bible ?

Darwin et la Bible de Léon CHESTOV
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